RDC | Martin Fayulu dénonce un « coup d’État constitutionnel » par voie référendaire

Le leader de l’ECiDé, Martin Fayulu, a vivement critiqué, ce vendredi 8 mai 2026, la proposition de loi sur le référendum portée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy. L’opposant y voit une manœuvre juridique destinée à contourner les verrous de l’article 220 de la Constitution, au moment où le débat sur un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi crispe la scène politique congolaise.

Pour Martin Fayulu, la messe est dite. Selon lui, le texte déposé à l’Assemblée nationale par le professeur Ngondankoy ne vise pas une simple modernisation technique du droit, mais constitue un « subterfuge » pour fragiliser les dispositions intangibles de la Loi fondamentale. L’opposant pointe du doigt une contradiction majeure : si l’article 6 de la proposition réaffirme le respect des matières irrévisables, les articles suivants (87 à 90) introduiraient, selon lui, un concept de « dysfonctionnement majeur » permettant de s’en affranchir.

« Le peuple ne peut pas être instrumentalisé pour détruire ses propres garanties constitutionnelles », a martelé le président de l’ECiDé devant la presse. Martin Fayulu estime que l’invocation du référendum pour modifier des clauses de protection comme la limitation du nombre de mandats ou l’alternance démocratique est une hérésie juridique. Il s’interroge notamment sur la légitimité d’experts désignés par l’exécutif pour constater une inadaptation des règles constitutionnelles.

Cette sortie médiatique intervient 48 heures après des déclarations de Félix Tshisekedi, lequel s’est dit ouvert à une réforme constitutionnelle, voire à un nouveau mandat, si telle était la volonté populaire exprimée par référendum. De son côté, l’auteur de la proposition de loi, Paul-Gaspard Ngondankoy, se défend de toute intention politique. Dans une mise au point publiée le 1er mai, il a assuré que son initiative visait uniquement à doter la RDC d’un cadre légal moderne pour l’organisation des consultations populaires, sans lien avec l’agenda électoral du chef de l’État.

Willy Ulengu Samuanda

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