Santé en RDC | L’OMS et le gouvernement Suminwa s’accordent sur un panier de soins gratuits pour tous

Quitter le mode « pompier » pour bâtir un édifice sanitaire durable. C’est le sens de l’audience accordée ce lundi 11 mai par la Première ministre à la représentante de l’OMS, Anne Ancia. Au menu : Couverture santé universelle, production locale de médicaments et fin de la dépendance aux urgences.

En République démocratique du Congo, l’heure n’est plus seulement à la riposte, mais à la reconstruction. Reçue à la Primature, la Docteure Anne Ancia, représentante intérimaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a tracé les contours d’un nouveau paradigme : accompagner le gouvernement dans une réforme structurelle profonde, après des années passées à éteindre les brasiers épidémiques (Ebola, Mpox, Choléra).

Le dossier brûlant reste la Couverture santé universelle (CSU). Si la gratuité de la maternité est déjà une réalité dans plusieurs provinces, l’objectif est désormais d’élargir l’offre. L’OMS et le ministère de la Santé planchent sur la définition d’un « paquet minimum de soins ». L’enjeu est autant médical que financier : identifier les soins prioritaires pour chaque citoyen et en évaluer le coût réel pour l’État. Pour Judith Suminwa, il s’agit de transformer une promesse sociale en un mécanisme budgétaire viable.

L’autre axe fort de cet échange concerne l’autonomie sanitaire. La RDC veut rompre avec la dépendance extérieure. Les discussions ont porté sur le développement d’une production locale de médicaments, de vaccins et de tests diagnostiques. « Il s’agit de garantir la qualité des produits sur le marché tout en stimulant l’industrie nationale », précise-t-on dans l’entourage de la Première ministre. Ce volet s’accompagne d’un projet de cadre légal stricte pour réguler le secteur pharmaceutique, souvent poreux.

Cette rencontre marque une étape clé du quatrième pilier du Programme d’actions du gouvernement (PAG). En stabilisant le front des épidémies l’épidémie de Mpox ayant été récemment contenue Kinshasa dispose enfin d’une fenêtre de tir pour consolider son système de santé de base. Pour l’OMS, ce repositionnement vers l’appui institutionnel est le signe d’une confiance retrouvée dans la capacité de l’État congolais à piloter ses propres réformes.

Willy Ulengu Samuanda

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