
Reçue ce lundi 11 mai 2026 par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, une délégation américaine conduite par Jeremy Wiggins a scellé une nouvelle étape du rapprochement entre les deux capitales. Entre promesses énergétiques sur le site d’Inga et fermeté affichée envers Kigali, les États-Unis confirment leur volonté de faire de la RDC le pivot de leur stratégie industrielle en Afrique centrale.
Le ballet diplomatique s’intensifie à la Primature. Jeremy Wiggins, Sous-Secrétaire d’État adjoint au Trésor, n’est pas venu à Kinshasa pour de simples civilités. Sa mission : transformer les intentions de l’administration américaine en chantiers concrets. Au cœur de cette offensive, le projet hydroélectrique Inga III, serpent de mer de l’économie congolaise, que Washington souhaite désormais voir sortir de terre pour alimenter non seulement la RDC, mais aussi les corridors industriels de la région.

Pour les États-Unis, Inga III n’est plus seulement un barrage, c’est le moteur du corridor de Lobito. Cette infrastructure logistique, qui doit relier les zones minières congolaises à l’Atlantique, nécessite une puissance énergétique que seule la force du fleuve Congo peut offrir à moindre coût. « L’énergie est notre priorité commune », a martelé Jeremy Wiggins, soulignant que la stabilité économique du continent dépend désormais de la capacité de Kinshasa à transformer ses ressources sur place.
Mais le partenariat ne se limite pas aux kilowattheures. Washington joue la carte de la « globalité ». En rappelant l’accord sanitaire de 1,2 milliard de dollars signé en février dernier, le Trésor américain lie le développement social à la sécurité économique.
Toutefois, le volet le plus politique de cette visite concerne l’Est du pays. Interrogé sur la crise sécuritaire, l’émissaire américain a réitéré la position de fermeté de Washington envers le Rwanda. En évoquant des sanctions contre des hauts gradés de l’armée rwandaise, les États-Unis envoient un signal clair : le soutien économique à la RDC est indissociable d’une exigence de respect de l’intégrité territoriale congolaise, conformément aux engagements pris sous l’égide de l’administration Trump.
Willy Ulengu Samuanda