Sécurité à l’Est | Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni font le point sur l’offensive contre les rebelles ADF

Le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue ougandais Yoweri Museveni se sont entretenus, ce lundi 11 mai 2026, sur l’efficacité de leur coopération militaire. Près de cinq ans après son lancement, l’opération conjointe « Shujaa » peine encore à neutraliser définitivement la menace terroriste dans l’Est de la RDC.

Reçus à Kampala, les deux chefs d’État ont placé l’évaluation sécuritaire au sommet de leur agenda. Lancée en novembre 2021, l’offensive menée par les FARDC et l’UPDF (armée ougandaise) vise à démanteler les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique. Malgré une coopération renforcée, le constat sur le terrain reste alarmant : les massacres de civils se multiplient dans les territoires de Beni et de Mambasa.

Pour répondre à la mobilité des insurgés, Kinshasa et Kampala ont révisé leur mémorandum d’entente. Le nouveau cadre opérationnel, signé en juin 2025 par les chefs d’état-major Muhoozi Kainerugaba et Jules Banza Mwilambwe, élargit désormais le champ d’action des troupes ougandaises. Initialement cantonnées à certains secteurs, elles interviennent maintenant jusqu’en Ituri (Djugu, Irumu, Mahagi) pour sécuriser les axes routiers vitaux, notamment le tronçon Kasindi-Beni-Butembo.

Cependant, cette montée en puissance militaire se heurte à une réalité humanitaire critique. La Monusco est montée au créneau le 9 mai dernier pour dénoncer la persistance des violences sexuelles et l’enrôlement de mineurs par les groupes armés. Pour les populations locales, l’état de siège et la présence de deux armées régulières n’ont pas encore suffi à restaurer une paix durable, alimentant un sentiment d’abandon au sein des zones dites rouges .

Willy Ulengu Samuanda

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