Crise dans l’Est de la RDC | Emmanuel Macron privilégie le dialogue avec Kigali plutôt que les sanctions américaines

Lors d’un entretien accordé à plusieurs médias internationaux à Nairobi, le président français a exprimé ses réserves quant à l’efficacité des sanctions américaines contre l’armée rwandaise. Emmanuel Macron appelle à un « dialogue respectueux » entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame pour stabiliser l’est de la République démocratique du Congo, malgré un accord de paix encore fragile.*

Le président français, Emmanuel Macron, ne cache plus son scepticisme face à la stratégie de pression de Washington. S’exprimant à la clôture du Sommet Forward Africa au Kenya, le chef de l’État français a souligné que la mise au ban du Rwanda, suite aux récentes sanctions du Trésor américain, pourrait s’avérer contre-productive. Pour Paris, l’isolement de Kigali risque de compromettre toute velléité de coopération régionale nécessaire à la résolution du conflit.

Alors que Washington a durci le ton en inscrivant plusieurs hauts gradés des Rwanda Defence Force (RDF) dont les généraux Mubarakh Muganga et Vincent Nyakarundi sur la liste noire de l’OFAC, Emmanuel Macron prévient contre un effet d’entraînement. « Si tout le monde se précipite pour mettre le Rwanda au ban parce que les Américains l’ont fait, il y a peu de chances qu’on convainque le Rwanda d’avoir une politique coopérative », a-t-il martelé. Selon lui, la priorité doit rester le retour des dirigeants autour de la table de négociation, sous l’égide des médiations régionales.

Le locataire de l’Élysée reconnaît toutefois que l’accord de décembre 2025, conclu sous la médiation de Donald Trump, n’a pas encore produit les résultats escomptés. Pour sortir de l’impasse, il préconise un cadre de discussion élargi, incluant l’Ouganda et les autres acteurs de la région. L’objectif : clarifier la présence des forces armées sur le terrain et aborder frontalement la question de la prédation économique des ressources minières de l’Est de la RDC.

Pour Emmanuel Macron, seule une diplomatie du respect et de la clarté permettra de restaurer la confiance entre Kinshasa et Kigali. Une position qui, si elle se veut pragmatique, risque d’être perçue avec prudence par une partie de l’opinion congolaise qui réclame, au contraire, une condamnation plus ferme du soutien rwandais aux rébellions.

Anastasie Mimbolo

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