La production de cobalt en République démocratique du Congo a franchi le cap des 100 000 tonnes au cours de l’exercice 2025. Selon les statistiques définitives de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), ce volume est deux fois supérieur aux estimations initiales, bien que les exportations soient restées bridées par un système de quotas rigoureux.
Le géant minier d’Afrique centrale réaffirme sa position dominante sur le marché mondial du cobalt. Avec une production totale consolidée à 100 015 tonnes pour l’année 2025, la RDC affiche une performance robuste, rectifiant ainsi les chiffres provisoires de janvier qui n’en prévoyaient que 44 543 tonnes. Cette révision spectaculaire à la hausse témoigne d’une reprise d’activité plus intense que prévu dans les sites industriels du Lualaba et du Haut-Katanga.
Toutefois, cette abondance extractive ne s’est pas traduite par une sortie massive du minerai. Les exportations réelles se sont stabilisées à 44 333,90 tonnes, soit moins de la moitié de la production annuelle. Ce décalage s’explique par la politique commerciale agressive de Kinshasa : après une suspension temporaire des flux en 2025, le gouvernement a instauré un système d’exportation par quotas. Cette stratégie vise à réguler l’offre mondiale pour soutenir les cours du métal bleu, tout en favorisant le stockage stratégique local.
Si l’année 2025 s’achève sur une note de croissance, l’horizon 2026 s’annonce complexe. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pèsent lourdement sur les chaînes d’approvisionnement. Selon une analyse de la banque d’affaires Goldman Sachs, les perturbations logistiques pourraientqa contraindre la RDC à réduire ses ambitions. Une baisse de production de l’ordre de 125 000 tonnes est redoutée si les corridors maritimes ne retrouvent pas leur fluidité, menaçant ainsi l’équilibre budgétaire de l’État congolais, dont le cobalt reste l’un des principaux piliers fiscaux.
Onesime Beko