RDC | Le gouvernement menace de poursuivre ceux qui insultent les autorités sur Internet ( cyber-diffamation ), même depuis l’étranger.

Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a réitéré la détermination du gouvernement congolais à engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de propos injurieux ou diffamatoires visant les institutions de la République sur les réseaux sociaux. Cette mise en garde, qui concerne également les Congolais de la diaspora, intervient dans un climat politique de plus en plus électrique.

L’exécutif congolais ne compte plus laisser passer les « dérapages » numériques. Lors de sa récente intervention, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a prévenu que l’anonymat ou l’éloignement géographique ne constitueraient plus des remparts contre la justice. Cette offensive judiciaire vise directement les contenus jugés attentatoires à la dignité des institutions, avec une volonté affichée de faire de certains dossiers des « cas d’école » pour décourager les récalcitrants.

Cette fermeté affichée n’est pas fortuite. Elle fait suite à la vague de réactions, souvent acerbes et parfois virulentes, ayant inondé la toile après la conférence de presse du président Félix Tshisekedi, tenue le 6 mai 2026. Les critiques sur la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est et sur les réformes institutionnelles ont, selon les autorités, franchi la ligne rouge de la critique politique pour basculer dans l’insulte systématique et la désinformation.

Pour justifier ces poursuites, Kinshasa s’appuie désormais sur le nouveau Code du numérique et l’ordonnance-loi sur la presse, qui encadrent strictement la liberté d’expression en ligne. Ces textes prévoient des peines de servitude pénale et des amendes pour quiconque diffuse des informations fausses ou calomnieuses. Le gouvernement souligne que la liberté de critiquer l’action publique ne doit pas être confondue avec l’atteinte à l’honneur des représentants de l’État.

Si le gouvernement invoque la nécessité de restaurer l’autorité de l’État et de lutter contre les « fake news », cette position suscite l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’homme. Ces dernières craignent que cette traque des « injures » ne serve de prétexte pour museler l’opposition et la société civile, dans un contexte où l’espace démocratique est scruté de près par la communauté internationale.

Francis Mawete

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