
À Kananga, l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de rapprochement entre la formation professionnelle et les réalités du marché du travail. Ce vendredi 12 juin, l’établissement a procédé à l’installation officielle de son Comité consultatif permanent (CCP), un cadre destiné à renforcer le dialogue entre les acteurs de la formation et le monde socio-économique de la province du Kasaï-Central.
La cérémonie s’est déroulée dans la salle polyvalente du Complexe scolaire La Reconnaissance, sous la présidence du gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu. Plusieurs autorités provinciales y ont pris part, notamment des membres du gouvernement provincial, du comité provincial de sécurité, du cabinet du gouverneur ainsi qu’une délégation venue de la direction générale de l’INPP.
« La formation professionnelle doit répondre aux besoins réels de l’économie », a souligné le directeur provincial de l’INPP, Joseph Kangudi, en présentant la vision de son institution.
Selon lui, l’INPP dispose aujourd’hui d’un réseau de 45 centres de formation répartis à travers le pays et d’équipements modernes destinés à renforcer l’employabilité des apprenants.
Pour le responsable provincial de l’établissement, le défi reste important. Malgré l’obtention de diplômes universitaires, de nombreux jeunes peinent encore à intégrer le marché de l’emploi.
« Les compétences recherchées par les entreprises évoluent rapidement », a-t-il expliqué, estimant que la formation professionnelle constitue l’un des leviers les plus efficaces pour réduire le chômage des jeunes.
Intervenant à son tour, le représentant de la direction générale de l’INPP, Kibambe Kalonda Edo, a rappelé que le Comité consultatif permanent a pour mission principale de consolider les relations entre l’institution et ses partenaires économiques.
« L’objectif est de faire correspondre l’offre de formation aux besoins du tissu économique local », a-t-il indiqué.
Au-delà de cette mission, le comité devra également identifier les métiers émergents, anticiper les nouvelles compétences recherchées sur le marché du travail et proposer des orientations susceptibles d’améliorer l’insertion professionnelle des bénéficiaires des formations de l’INPP. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique nationale visant à moderniser l’enseignement technique et professionnel face aux mutations économiques.
Le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu a salué l’initiative, qu’il considère comme un tournant pour le développement du capital humain dans la province.
« Ce cadre d’échanges ouvre une nouvelle perspective pour adapter la formation aux réalités socio-économiques du Kasaï-Central », a-t-il déclaré devant les participants.
L’autorité provinciale a appelé les membres nouvellement installés à travailler avec responsabilité, cohésion et détermination afin de produire des recommandations capables d’améliorer durablement l’employabilité des jeunes et de soutenir la croissance économique locale.
Le Comité consultatif permanent est composé de quatre membres :
– Makenga Eduard, président ;
– Kamuabu Ilunga, vice-président ;
– Moïse Mukuna, rapporteur ;
– Joseph Kangudi Kasumpaka, secrétaire.
Cette initiative s’inscrit dans la vision du Directeur général de l’INPP, Godefroy Stanislas TSHIMANGA WA MUNTUABO, qui œuvre pour une formation professionnelle davantage adaptée aux exigences du marché de l’emploi et aux réalités socio-économiques du pays. À travers la mise en place des Comités consultatifs permanents, l’INPP entend renforcer le dialogue avec les acteurs socio-économiques afin de garantir une meilleure adéquation entre les compétences développées et les besoins réels des entreprises et des communautés.

Cette installation intervient dans un contexte où les autorités congolaises multiplient les initiatives en faveur de l’emploi des jeunes et du renforcement des compétences professionnelles. Ces dernières années, plusieurs rapports nationaux et internationaux ont souligné l’existence d’un décalage persistant entre les formations académiques et les attentes du marché du travail, un phénomène qui contribue au chômage et au sous-emploi des diplômés.
En créant ce cadre permanent de concertation, l’INPP ambitionne de rapprocher davantage les entreprises, les institutions publiques et les centres de formation afin d’anticiper les besoins futurs en main-d’œuvre qualifiée. La réussite de cette démarche dépendra toutefois de la régularité des échanges, de la mise en œuvre effective des recommandations formulées et de l’implication continue des acteurs économiques de la province.

Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépasse désormais la simple formation. Il s’agit de construire un écosystème capable de transformer les compétences acquises en véritables opportunités d’emploi, dans une province où la jeunesse représente l’un des principaux moteurs du développement économique et social.
Anastasie Mimbolo


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