Sit-in en RDC | Jean-Claude Katende alerte sur une dérive dictatoriale après les violences contre l’opposition à Kinshasa 

 

La tension politique a franchi un nouveau palier ce vendredi à Kinshasa, lors d’un sit-in de l’opposition devant le Palais du Peuple. Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), a fermement condamné les agressions ayant visé les manifestants opposés à la loi référendaire.

« La violence et les attaques visant l’élimination physique des leaders dévoilent le vrai visage du régime », a-t-il martelé, pointant du doigt une répression qu’il juge préméditée.

Pour ce défenseur chevronné des libertés publiques, ces incidents ne sont pas des faits isolés, mais les symptômes d’une démocratie en péril. Il estime que le ciblage systématique des opposants lors de manifestations pacifiques traduit une volonté d’étouffer toute voix discordante avant les prochaines échéances électorales.

« Ces violences constituent un signal préoccupant qui assombrit l’avenir de notre jeune démocratie », a-t-il ajouté, appelant la société civile à une vigilance accrue face aux atteintes répétées aux droits fondamentaux.

Au-delà des heurts de rue, c’est le spectre d’un changement constitutionnel qui cristallise les craintes de l’ASADHO. Jean-Claude Katende redoute qu’une éventuelle modification de la loi fondamentale ne serve qu’à pérenniser le pouvoir en place, au mépris de l’alternance.

« Si on ne s’oppose pas à ce projet, le pays risque de sombrer dans une dictature plus dangereuse que les précédentes », a-t-il prévenu, exhortant les forces vives de la nation à faire barrage à toute ambition de troisième mandat.

Cette levée de boucliers rappelle les contestations de 2015 contre la révision de la loi électorale sous l’ancien régime, où la rue avait déjà fait reculer le pouvoir. Aujourd’hui, alors que l’Assemblée nationale avance sur la voie du référendum, les perspectives d’avenir restent suspendues au dialogue inclusif réclamé par une partie de la classe politique. Si le camp présidentiel défend une réforme purement institutionnelle, le durcissement du ton de la société civile laisse présager un bras de fer dont l’issue déterminera la stabilité du pays pour la décennie à venir.

 

Willy Ulengu Samuanda

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