
Après Kinshasa hier, cap sur l’Est.
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, est à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, ce samedi 3 octobre 2026. Deuxième jour d’une visite éclair mais hautement symbolique en RDC.
C’est sa deuxième venue depuis la chute de Goma sous l’offensive AFC/M23 soutenue par le Rwanda. Le contexte a changé, la crise s’est aggravée.
Au Quai d’Orsay, on parle d’une visite à triple dimension : diplomatique, humanitaire et sanitaire.
1. Sanitaire : Bunia est au cœur de la 17e épidémie d’Ebola que traverse la RDC. Paris dit suivre « avec une attention particulière ». Le ministre vient voir sur le terrain les équipes médicales et les acteurs humanitaires.
2. Humanitaire : Hier à Kinshasa, Barrot a lancé aux côtés de la ministre des Droits humains Chantal Chambu, un projet de 1,3 million d’euros. Objectif : justice et réparation pour les victimes de violences sexuelles liées au conflit, en partenariat avec le FONAREV de Patrick Fata. C’est l’une des plaies les plus vives de l’Est.
3. Diplomatique : La visite intervient alors que la France présidait en septembre le Conseil de Sécurité de l’ONU. Paris pousse pour l’application de la résolution 2773 et le respect de l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali.

Barrot prépare aussi la 7e Conférence Nationale Humanitaire prévue le 6 octobre à Paris.
Pour la RDC, le signal est clair : malgré les critiques sur l’inaction internationale, Paris tente de rester dans le jeu congolais. Pour les Ituriens, l’attente est tout autre : moins de discours, plus d’électricité, de sécurité et de vaccins.
Willy Ulengu