Désavoué par l’UDPS, sanctionné par le CSAC, Fils Mukoko désormais visé par une enquête judiciaire

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux qui provoque une réaction en chaîne. En quelques heures, les propos de Fils Mukoko sur une possible distribution d’armes et des menaces contre des ressortissants occidentaux et belges ont été condamnés par le gouvernement, désavoués par l’UDPS, sanctionnés par le CSAC et portés devant la justice.

Par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, l’exécutif national condamne « de la manière la plus ferme » des déclarations qu’il affirme ne reconnaître ni comme siennes ni comme celles d’une institution de la République. Le gouvernement assure également que les dispositions nécessaires sont prises pour protéger les missions diplomatiques, leurs personnels et leurs installations.

Dans la foulée, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication entre en scène. Réuni en urgence, le CSAC impose à Fils Mukoko un embargo médiatique de 88 jours et le convoque pour être entendu sur ses déclarations devenues virales.

Dans un communiqué publié mercredi, l’UDPS/Tshisekedi condamne toute initiative visant à distribuer des armes à la population en dehors du cadre légal. Le parti précise que Fils Mukoko n’occupe aucune fonction dans ses structures et affirme que ses déclarations et initiatives n’ont été autorisées par aucun de ses organes. L’UDPS réaffirme, dans le même temps, son attachement à la non-violence.

À cet effet, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a instruit le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête afin de vérifier les faits et d’en déterminer les éventuelles conséquences pénales.

En cause, une vidéo dans laquelle Fils Mukoko évoque notamment une distribution d’armes dans des terrains de football, des églises et des universités, ainsi que des actions visant des ressortissants occidentaux présents à Kinshasa.

Pour Guillaume Ngefa, la liberté d’expression reste garantie, mais elle ne peut servir de couverture à la menace, à l’intimidation ou à la mise en danger d’autrui.

À ce stade, les déclarations de Fils Mukoko ont donc dépassé le seul registre politique. Désavoué par son parti, privé de tribune médiatique pour 88 jours et visé par une enquête judiciaire, il se retrouve désormais au centre d’une réponse à la fois politique, réglementaire et judiciaire.

FREDDY MILLIONS MBWEBWE

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