RDC | Le rejet du recours aux armes fait consensus

Un même mot d’ordre, mais plusieurs lectures de la sortie de crise. Depuis le début de la semaine, la défense de l’ordre constitutionnel, le rejet du recours aux armes et les conditions d’un dialogue national reviennent au centre du débat politique en RDC.

Le 19 octobre, le gouvernement a demandé à la Coalition Article 64 de clarifier sa position après l’engagement de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation. Le Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, estime que cette évolution change les termes du débat pour ceux qui réclamaient jusque-là la participation de l’ancien président à un dialogue national.

La C64 réplique dans la foulée. Par la voix de Prince Epenge, elle maintient son plaidoyer pour un dialogue inclusif et son opposition à toute modification de la Constitution, tout en réaffirmant que la guerre ne constitue pas une solution à la crise congolaise.

Le 20 octobre, l’Union africaine a apporté son soutien au principe d’un dialogue national inclusif, mais en rappelant dans le même temps son attachement à l’ordre constitutionnel et son rejet de toute prise du pouvoir par la force. Son président de Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé les acteurs congolais à privilégier exclusivement les voies pacifiques.

Le lendemain, la LUCHA adopte une ligne comparable sur un point : aucun désaccord politique ne peut justifier le recours aux armes. Mais le mouvement citoyen interpelle également Félix Tshisekedi sur le respect de l’ordre constitutionnel et met en garde contre une éventuelle révision imposée qui, selon lui, risquerait d’aggraver les divisions politiques et sociales.

C’est dans cette séquence qu’une nouvelle plateforme, les « Héritiers du Combat citoyen », a été présentée le 21 octobre à Kinshasa. Ses initiateurs disent vouloir défendre la Constitution, promouvoir une mobilisation non violente et soutenir un dialogue politique inclusif.

Mais leur apparition constitue surtout un signe supplémentaire d’un débat désormais plus large.

D’un côté, le pouvoir maintient qu’un acteur engagé dans une lutte armée contre les institutions ne peut participer au dialogue comme composante politique. De l’autre, une partie de l’opposition et de la société civile continue de réclamer un format plus inclusif, tout en rejetant elle aussi le recours aux armes.

WILLY ULENGU 

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