
Une mission conjointe de suivi et de revue de la qualité des activités du Programme d’investissement pour la forêt et la restauration des savanes (PIFORES) s’est déroulée du 21 au 24 octobre 2026 dans le territoire de Dibaya, au Kasaï-Central.
Cette mission a été menée par les membres du comité provincial de pilotage et l’équipe de l’Antenne provinciale du PIFORES, dans le cadre du suivi de la qualité des activités mises en œuvre sur le terrain par l’Agence locale d’exécution (ALE), l’union des coopératives agro-pastorales du congo (UCOOA).

Conduite par le ministre provincial ayant en charge l’Environnement, le Développement durable, la Nouvelle Économie du climat et l’Agriculture, Toto KABWAYI KABONGO, la mission visait à évaluer le fonctionnement des 27 Comités locaux de développement (CLD), à visiter les sites d’installation des pépinières, à apprécier l’état d’avancement des plantations agroforestières et à recueillir les avis des communautés bénéficiaires sur la mise en œuvre du projet. 1376 bénéficiaires au total dont 648 hommes, 467 femmes et 261 jeunes.


À l’issue des visites de terrain, le ministre provincial s’est déclaré satisfait du niveau d’exécution des activités. Il a estimé que les travaux réalisés dans les champs respectaient les directives établies, tout en formulant des recommandations à l’intention de l’ALE et des CLD.
Il les a notamment encouragés à poursuivre leur collaboration avec les bénéficiaires et à renforcer la sensibilisation des communautés afin de favoriser leur appropriation du projet. L’enjeu, a-t-il souligné, est de permettre aux populations de comprendre qu’elles sont les premières bénéficiaires des interventions, notamment grâce aux revenus susceptibles d’être générés par les activités agricoles et agroforestières.


Du côté des communautés bénéficiaires, le PIFORES suscite également de l’espoir. Le chef coutumier du groupement de Bena Mutembu, relevant du CLD de Kateba, a salué une initiative qu’il considère comme inédite depuis son accession à la tête du groupement.
Il a notamment souligné l’ampleur des efforts déployés sur le terrain, avec des travaux couvrant une superficie de plus de deux hectares. Il a plaidé pour la poursuite de l’accompagnement des autorités du projet afin de garantir la pérennité des acquis au-delà de sa période d’exécution.

Il a également invité les membres de sa communauté à s’approprier le projet et à accorder une place privilégiée à l’agriculture dans leurs activités.
Au-delà de la production agricole, le PIFORES vise à contribuer à la restauration des savanes dégradées et à l’augmentation du couvert forestier, notamment grâce à l’installation de plantations agroforestières associant différentes cultures et espèces ligneuses.
Dans le territoire de Dibaya, les activités engagées s’inscrivent dans cette dynamique. Le chef de projet de l’UCOOA, Timothée NDAYE, s’est réjoui de la visite des autorités et a présenté les principales réalisations enregistrées sur le terrain.


Plus de 500 hectares ont déjà été labourés et aménagés pour accueillir différentes cultures, notamment des cultures vivrières et des espèces agroforestières.
Ces superficies comprennent 350 hectares consacrés aux plantations d’acacias, 30 hectares de maïs et 123 hectares de niébé.
Sur le plan des perspectives de production, les 30 hectares de maïs pourraient générer une récolte estimée à 30 000 kilogrammes, sur la base d’un rendement prévisionnel de 1 000 kilogrammes par hectare au prix de 2,5 dollars américains le kilogramme. Cette production représenterait une valeur marchande potentielle de 75 000 dollars américains.
De leur côté, les 123 hectares de niébé pourraient produire environ 123 000 kilogrammes à la récolte, sur la base d’un rendement estimé à 1 000 kilogrammes par hectare.
Avec un prix de vente de 3 dollars américains le kilogramme, cette production représenterait une valeur marchande potentielle de 369 000 dollars américains.
Au total, les productions prévisionnelles de maïs et de niébé pourraient ainsi atteindre une valeur marchande estimée à 444 000 dollars américains, sous réserve de l’obtention des rendements attendus et de la réalisation effective des ventes. Ces perspectives illustrent les retombées économiques que les activités agricoles du PIFORES pourraient générer au profit des communautés bénéficiaires.
Au total, neuf sites ont été visités au cours de la mission. Ils comptent 43 pépinières ayant produit 1 078 689 plantules destinées à soutenir les activités de plantation et de restauration des paysages.
Pour sa part, le chef d’antenne du PIFORES au Kasaï-Central, Simon NTUMBA DIKEBELE, a salué l’engagement des communautés dans la réalisation des travaux sur de grandes superficies.

Il a encouragé les bénéficiaires à persévérer dans leurs efforts et à ne pas se décourager face aux difficultés rencontrées. Il a également rappelé que les opérations réalisées par les communautés et reconnues comme éligibles au paiement seraient rémunérées en fonction des résultats obtenus, conformément aux exigences du programme.
À travers cette mission conjointe de suivi et de revue de la qualité des activités, les membres du Comité provincial de pilotage et l’équipe de l’Antenne du PIFORES ont pu apprécier les réalisations sur le terrain, recueillir les préoccupations des bénéficiaires et relever les aspects nécessitant un suivi particulier.
La consolidation des acquis dans le territoire de Dibaya dépendra notamment de la poursuite de l’accompagnement technique, de la résolution des contraintes opérationnelles, du maintien de bonnes pratiques environnementales, du renforcement du MGP et de la prévention des VBG/EAS/HS.

Sur le plan environnemental, la propreté des plantations et l’absence de sachets plastiques abandonnés sur les sites visités ont été remarquables. Les autorités ont relevé des progrès dans la compréhension du Mécanisme de gestion des plaintes (MGP), ainsi que des enjeux liés à la prévention des violences basées sur le genre (VBG), de l’exploitation et des abus sexuels (EAS) et du harcèlement sexuel (HS).
Grâce à l’appui financier de la Banque mondiale, le gouvernement congolais met en œuvre le PIFORES, un programme qui vise à restaurer les paysages forestiers, à préserver les écosystèmes naturels et à contribuer à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales dans ses zones d’intervention.
Anastasie Mimbolo