
Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a donné trente jours aux magistrats de son office pour passer au crible les détentions en cours et les nouvelles mises en détention dans les établissements pénitentiaires de Kinshasa, avec un accent particulier sur la prison centrale de Makala. Objectif : identifier les privations de liberté irrégulières, les cas susceptibles de liberté provisoire ou conditionnelle et contribuer au désengorgement carcéral.
L’instruction a été donnée jeudi 5 novembre lors d’une réunion avec les magistrats du Parquet général près la Cour de cassation. Firmin Mvonde leur a demandé de vérifier, dossier par dossier, la régularité des procédures et les raisons du maintien en détention.
« Il y a des prévenus qui sont en détention pour des faits bénins », a-t-il déploré.
Il a ensuite rappelé aux magistrats leur responsabilité dans la protection des droits fondamentaux :
« Nous jugeons nos prochains ».
Au-delà des dossiers déjà constitués, le contrôle doit également porter sur les nouvelles mises en détention afin d’éviter que des pratiques jugées abusives ne continuent d’alimenter la surpopulation carcérale. Lorsque des prévenus restent en attente de jugement, le parquet entend aussi interpeller les juridictions concernées sur la nécessité d’accélérer le traitement des dossiers.
La mesure intervient dans un contexte particulièrement tendu à Makala. Le ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa, avait déjà suspendu temporairement, en octobre, les nouvelles admissions dans cet établissement, sauf dérogation justifiée. Selon les chiffres rapportés à cette occasion, la prison, conçue pour environ 1 500 personnes, abriterait plus de 16 000 détenus.
DIVINE ATANTE