
À quelques jours du XXᵉ Sommet de la Francophonie, prévu les 15 et 16 novembre à Phnom Penh, la RDC continue de croire aux chances de Juliana Amato Lumumba pour prendre la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Face à Louise Mushikiwabo, Coumba Bâ et Dacian Cioloș, le Gouvernement mise désormais sur les dernières tractations diplomatiques pour convertir plusieurs mois de campagne en soutiens lors du scrutin.
Depuis le printemps, la candidate du pays a porté son projet dans plusieurs capitales, tandis que le gouvernement a multiplié les démarches diplomatiques. Son programme défend notamment une « Francophonie des peuples », davantage tournée vers la jeunesse, l’innovation, la coopération et une organisation jugée plus proche des attentes de ses États membres.
Mais à l’approche du vote, le tableau apparaît plus nuancé que ne le laisse entendre la communication officielle. Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, plusieurs sources diplomatiques estiment que la candidature congolaise bénéficie d’une réelle sympathie, sans avoir encore réussi à créer une dynamique suffisamment nette autour de Juliana Lumumba.
La RDC dispose néanmoins d’un argument qu’elle entend faire peser jusqu’au bout : son poids démographique dans l’espace francophone. Avec une population d’environ 100 millions d’habitants, notre pays présente sa candidature comme celle de l’un des principaux centres de gravité de la langue française dans le monde. Reuters relevait déjà en mai que ce poids démographique constituait l’un des principaux arguments avancés par la RDC dans cette bataille diplomatique.
Le scrutin présente aussi une particularité : les quatre candidats ont été auditionnés formellement devant les ministres des États et gouvernements membres, une première dans l’histoire de l’OIF. La désignation du prochain secrétaire général interviendra à Phnom Penh pour le mandat 2027-2030.
Dans les coulisses, Kinshasa chercherait également à fédérer les États réticents à un troisième mandat de Louise Mushikiwabo. La secrétaire générale sortante, élue une première fois en 2018 puis reconduite en 2022, sollicite en effet un nouveau mandat face aux trois autres candidatures.
La dernière ligne droite pourrait donc être moins une bataille d’image qu’une affaire de rapports diplomatiques et d’engagements entre États. Pour la RDC, l’enjeu est désormais simple : transformer son poids dans l’espace francophone et les soutiens engrangés durant la campagne en votes effectifs.
RÉDACTION