
Depuis jeudi 5 novembre, de nouveaux agents en tenue jaune et noire sont visibles à plusieurs carrefours du centre-ville de Kinshasa. Leur mission : appuyer la Police de circulation routière (PCR) dans la régulation du trafic et la sensibilisation des usagers, sans disposer du pouvoir d’arrêter, de contrôler ou de verbaliser les automobilistes.
Cette première vague intervient après plusieurs semaines de formation. Le 17 septembre, le gouverneur Daniel Bumba avait lancé la formation de 280 agents d’appui à la régulation routière, sur un dispositif global annoncé de 3 500 éléments appelés à être progressivement déployés dans la capitale.
Reconnaissables à leur chemise jaune, leur gilet noir et leur tenue sombre, ces agents travaillent en complément de la PCR dans le cadre du nouveau plan de circulation. Leur rôle consiste essentiellement à orienter les usagers, accompagner la régulation aux carrefours et expliquer les nouvelles mesures destinées à fluidifier le trafic.
Les autorités ont toutefois tenu à fixer une limite claire à leurs prérogatives. Ces agents ne sont habilités ni à procéder à des arrestations ni à effectuer des contrôles routiers. Daniel Bumba avait d’ailleurs annoncé des sanctions contre tout agent qui se rendrait coupable de tracasseries ou dépasserait le cadre de sa mission.

Leur déploiement accompagne la mise en œuvre progressive du nouveau plan particulier de mobilité dans des zones stratégiques de la capitale, notamment autour de Kintambo Magasin, de la Gare centrale et du boulevard du 30 Juin. Fin septembre, l’Hôtel de ville avait également poursuivi l’installation de nouveaux panneaux de signalisation à Gombe, avec l’objectif affiché de réduire les temps de parcours entre les principaux pôles du centre-ville.
Cette brigade s’inscrit dans une offensive plus large contre les embouteillages. Le gouvernement provincial combine désormais régulation humaine, réorganisation des axes, contrôle technique et préparation de solutions de mobilité plus structurantes. Le 5 novembre, l’exécutif provincial a notamment indiqué travailler sur des projets liés au BRT, au train urbain et à d’autres infrastructures de transport destinées à décongestionner Kinshasa.
Pour les automobilistes, le message est donc double : ces nouveaux agents peuvent organiser et orienter la circulation, mais ils ne peuvent ni exiger les documents de bord, ni percevoir de l’argent, ni verbaliser. Ces compétences restent du ressort des services légalement habilités.
Avec ce nouveau dispositif, « Kinshasa ezo bonga » tente ainsi de rendre la régulation plus visible sur le terrain. Son efficacité se mesurera désormais à sa capacité à réduire durablement les embouteillages, tout en évitant que cette nouvelle présence dans les rues ne devienne une source supplémentaire de tracasseries.
FREDDY MILLIONS MBWEBWE