
Près de quatre mois après l’ordre du président Félix Tshisekedi exigeant le retrait des militaires et policiers des sites miniers, environ 5 000 éléments des forces de sécurité seraient toujours présents dans plusieurs concessions du Grand Katanga, selon une enquête de Justicia ASBL.
Le 10 juillet 2026, le Chef de l’État avait pourtant ordonné le départ immédiat des hommes en uniforme occupant illégalement les zones minières, tout en réclamant des sanctions contre les contrevenants. Malgré cette instruction, Justicia affirme que des éléments de la Garde républicaine, de la 22e Région militaire, de l’Auditorat militaire, du Centre de formation Mura et de la PNC demeurent sur plusieurs sites.
Les concessions de Boss Mining et de COMIDE figurent parmi les plus touchées. À COMIDE, près de 80 % du périmètre minier serait encore occupé, notamment à Kisankala et Kamasani.
Pour Justicia ASBL, cette situation traduit une résistance persistante à la démilitarisation voulue par les autorités. Au-delà de la question minière, elle soulève un problème de gouvernance et interroge la capacité de l’État à faire appliquer ses propres décisions.
L’organisation met également en garde contre les risques pour l’image du secteur minier congolais, notamment en matière de traçabilité du cuivre et du cobalt, dans un contexte de préoccupations liées aux droits humains.

Quatre mois après les instructions présidentielles, le débat porte désormais moins sur la présence des forces de sécurité que sur l’effectivité de l’autorité de l’État face à ce qui apparaît comme un refus d’exécution des ordres donnés au sommet.
Divine Atante