
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé, lundi 19 janvier, le déploiement d’un plan d’urgence visant à restaurer progressivement l’autorité de l’État dans la ville d’Uvira et ses environs, au Sud-Kivu. Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile, après le retrait des combattants de l’AFC/M23 et de leurs soutiens étrangers de cette zone stratégique de l’Est du pays.
Selon un communiqué officiel, ce plan repose sur une approche multisectorielle combinant des mesures sécuritaires, judiciaires et humanitaires. L’objectif est de rétablir durablement la sécurité, de protéger les populations civiles et de favoriser la stabilisation sociale dans une région durement éprouvée par des années de violences armées.
Une réponse gouvernementale après des semaines de chaos
Le lancement de ce dispositif fait suite à plusieurs semaines d’occupation et d’affrontements armés à Uvira. Si Kinshasa reconnaît le retrait des forces rebelles, le gouvernement met toutefois en garde contre toute interprétation hâtive de cette évolution, estimant qu’il s’agit d’un développement ponctuel qui ne garantit pas encore un retour durable à la paix.
Les autorités soulignent que le départ des groupes armés s’est accompagné de pillages systématiques, de vols à grande échelle et d’actes destinés à semer le désordre, aggravant les fractures sociales et les tensions communautaires déjà existantes.
Retour progressif des institutions de l’État
Sur le terrain, les Forces armées de la RDC (FARDC), la Police nationale congolaise et les autres services de sécurité poursuivent un redéploiement progressif et coordonné à Uvira et dans les zones environnantes. Leurs missions prioritaires consistent notamment à :
assurer la protection des civils, sécuriser les biens publics et privés ainsi que les infrastructures stratégiques, contenir et corriger les effets du vide sécuritaire laissé par le retrait des combattants.
Parallèlement, le gouvernement appelle la population locale à la retenue, au calme et à l’unité nationale, mettant en garde contre la désinformation et les discours de haine susceptibles de raviver les tensions et de compromettre les efforts de stabilisation en cours.
Kinshasa exige un retrait total des forces étrangères
Tout en saluant les avancées enregistrées sur le terrain, Kinshasa maintient une position ferme : seule la retraite totale, effective et sans condition de toutes les forces étrangères, notamment rwandaises et leurs alliés, de l’ensemble du territoire congolais peut constituer une garantie crédible d’un apaisement durable.
Cette exigence s’appuie sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que sur les engagements régionaux et internationaux pris dans le cadre de l’accord de Washington et du processus de Doha.
En attendant, le gouvernement affirme rester mobilisé pour accompagner le retour effectif de l’État, restaurer la confiance des populations et jeter les bases d’une paix durable dans cette partie du pays.
Freddy Millions Mbwebwe