Le nouvel ambassadeur de l’Ukraine en RDC salue la déclaration de principes pour la paix à Washington et espère une issue durable

À peine accrédité, déjà sur le terrain. Ce mardi 29 avril, dans le calme feutré de l’ambassade d’Ukraine à Kinshasa, Vasyl Hamianin a tenu sa toute première conférence de presse devant les médias congolais. Le diplomate, récemment nommé à la tête de la mission ukrainienne en République démocratique du Congo (RDC), n’a pas fait dans la langue de bois : entre mémoire partagée, coopération universitaire et ambitions multiséctorielles, c’est un véritable manifeste diplomatique qu’il a livré.

« C’est ma toute première apparition en RDC. Un pays dans lequel je ne suis que depuis quelques semaines mais un pays que j’aime déjà », a-t-il lancé en préambule.

Saluant une étape majeure dans le processus de paix engagé à l’Est, il a félicité les efforts des autorités congolaises.

« Je vous félicite tous pour une étape importante dans la restauration de la paix et de la souveraineté sur l’ensemble du territoire de la RDC. Le 24 avril dernier, il a été signé une déclaration de principes pour l’instauration de la paix entre les représentants de la RDC et du Rwanda. Et j’espère sincèrement que nous assisterons bientôt à la signature d’un accord de paix qui marquera la fin de la guerre, et ouvrira les voies au retour des réfugiés et favorisera la stabilité, la prospérité et un développement pacifique durable. »

Dans une posture à la fois solennelle et fraternelle, le représentant de Kiev a tracé un parallèle audacieux entre les peuples congolais et ukrainien, tous deux marqués, selon lui, par « une histoire de souffrance, de colonialisme, de pillages et de résilience ». C’est au nom de cette mémoire commune qu’il invoque Patrice Emery Lumumba comme une figure d’inspiration pour son pays.

« Lumumba est un héros ukrainien », lâche-t-il sans détour, dans une déclaration qui n’a pas manqué d’étonner mais aussi de séduire son auditoire.

Face à la presse, Vasyl Hamianin a mis un accent particulier sur un domaine stratégique : l’éducation. Malgré la guerre qui ronge son pays, l’Ukraine se positionne, selon lui, comme un leader mondial de l’enseignement en ligne. Un potentiel que Kiev entend partager avec la RDC.

« Nous avons parlé avec le recteur de l’UNIKIN pour créer des partenariats avec nos universités », explique-t-il, citant l’exemple du chanteur d’opéra congolais Blaise Malaba, formé en Ukraine, comme symbole de cette réussite silencieuse.

Mais l’ambassadeur voit plus grand. Agriculture, sport, culture, logement, médecine : l’Ukraine entend établir un pont concret avec la RDC.

« Nous ferons des films, nous jouerons de la musique, nous cultiverons la terre et nous construirons des logements ensemble », promet-il.

Et d’ajouter, dans un élan de lyrisme :

« Nous apprendrons le Lingala, le Tshiluba, le Swahili, le Kikongo… et l’ukrainien. »

Le tout dans un esprit d’ouverture et de résistance face à la guerre, dont le diplomate ne minimise ni les ravages ni les leçons.

« L’Ukraine, tout comme la RDC, veut arrêter la violence et la destruction. Ensemble, nous sommes plus forts », martèle-t-il.

Alors que les deux pays s’apprêtent à célébrer le centenaire de Patrice Lumumba, l’indépendance congolaise, puis celle de l’Ukraine, Vasyl Hamianin appelle à des « prières communes à Kinshasa et à Kiev » en mémoire des victimes du passé. Une vision ambitieuse, à l’image d’une diplomatie ukrainienne résolue à nouer des partenariats hors des sentiers battus, même en temps de guerre.

À travers cette première sortie, le nouvel ambassadeur veut inscrire la relation Kiev-Kinshasa dans une dynamique renouvelée, loin des discours figés. Une main tendue, à la croisée de l’histoire et du futur.

LUKEKA KALUME 

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