
La Cour constitutionnelle a lancé, lundi 14 avril, l’instruction du dossier Bukanga Lonzo, balayant les manœuvres procédurales des prévenus. Matata Ponyo, principal accusé, dénonce un procès politique tandis que l’homme d’affaires sud-africain Christophe Krobler botte en touche.
Par-delà les renvois, les exceptions, les remises sollicitées et les fins de non-recevoir rabâchées, la Cour constitutionnelle a tranché : l’affaire Bukanga Lonzo entre enfin dans sa phase d’instruction. Un virage attendu dans ce dossier tentaculaire, mêlant détournements présumés, montage financier complexe et personnalités de premier plan de l’ancien pouvoir.

Au banc des prévenus, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, l’ex-gouverneur de la Banque centrale Déogratias Mutombo, et l’homme d’affaires sud-africain Christophe Krobler. Un trio aux responsabilités stratégiques, impliqué dans la gestion du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, projet-phare de la présidence Kabila, devenu symbole d’un échec industriel à plusieurs centaines de millions de dollars.
Ce lundi 14 avril, les avocats de Matata Ponyo ont une nouvelle fois plaidé l’incompétence de la Cour, contestant sa juridiction à juger un ancien Premier ministre. Mais cette fois, la Cour n’a pas cédé : les exceptions sont jointes au fond. Place aux questions de culpabilité.
Face à la Cour, Matata Ponyo s’est présenté combatif mais prudent. Il a déclaré n’être pas en mesure de répondre aux interrogations, invoquant le manque de temps pour consulter les pièces du dossier. Il a surtout insisté sur « le caractère politique » de ce qu’il qualifie de cabale judiciaire. Un refrain désormais familier dans les couloirs de Palais de justice de Kinshasa.

Christophe Krobler, quant à lui, s’est vu interroger sur son rôle dans la conclusion des contrats liant sa société à l’État congolais. Il affirme n’avoir fait que négocier les termes techniques, laissant les flux financiers entre les mains de ses associés sud-africains.
L’affaire est désormais renvoyée au 23 avril. D’ici là, la défense promet de faire valoir toutes les irrégularités procédurales. La Cour, elle, semble décidée à ne plus temporiser. Le procès du « mirage agro-industriel » est bel et bien ouvert.