
À Niamey, ce vendredi 23 janvier 2026 – À l’aéroport de Niamey, une cargaison d’uranium, d’au moins 1 000 tonnes, est immobilisée sous haute surveillance, devenant ainsi le symbole d’un Niger en proie à des tensions diplomatiques. Cette cargaison, extraite à Arlit et transportée fin novembre, est désormais au centre d’un bras de fer juridique et diplomatique, illustrant les enjeux complexes qui se jouent entre les intérêts français, les ambitions russes et les bouleversements régionaux.
En effet, pour la junte au pouvoir, cette situation représente une affirmation de la souveraineté retrouvée du pays. En revanche, pour l’entreprise française Orano, il s’agit d’une expropriation jugée illégale. De plus, du côté russe, l’affaire est perçue comme une opportunité, mais à manipuler avec précaution.
Ce contexte a attiré l’attention des médias internationaux, qui interprètent cette affaire comme un révélateur brutal des changements géopolitiques en cours dans la région du Sahel.
Le mercredi 21 janvier, le groupe Orano a décidé de sortir de son silence. Lors d’une intervention devant les parlementaires à Paris, son président du conseil d’administration, Claude Imauven, a annoncé des actions judiciaires non seulement contre l’État nigérien, qui a nationalisé la Somaïr en juin dernier, mais aussi contre « quiconque souhaiterait s’emparer » de cette cargaison d’uranium. Cette déclaration constitue une mise en garde claire à l’égard de potentiels acheteurs ou États tiers, tentés de tirer profit de la situation géopolitique instable dans le Sahel.
Willy Ulengu Samuanda