
13%. C’est la baisse moyenne du prix des produits pétroliers enregistrée en République démocratique du Congo depuis octobre 2024. Une chute qui n’a rien d’anodin : elle a déclenché une véritable ruée sur le carburant. La consommation, elle, a bondi de près de 50%.
C’est ce qu’a révélé Daniel Mukoko Samba, vice-premier ministre en charge de l’Économie, lundi dernier lors d’un briefing presse conjoint avec le porte-parole du Gouvernement. Dans ses mots, un constat net :
« La consommation des produits pétroliers a tout simplement explosé. »

À Kinshasa, la société SEP n’a pas eu d’autre choix que de suivre le rythme. Avant la baisse des prix, elle livrait en moyenne 1 500 m³ de carburants par jour. Aujourd’hui ? Entre 3 000 et 3 500 m³. Le double. Parfois plus.
Un changement brutal, mais que le gouvernement revendique comme une réussite. Car derrière cette flambée de consommation, il y voit un signe de vitalité — et surtout de maîtrise. Le cadre macroéconomique serait, selon Mukoko, « stable », soutenu par une coordination renforcée entre l’exécutif, la Banque centrale et les régies financières.

L’autre victoire brandie par Kinshasa : le taux de change. Alors que les prévisions les plus sombres annonçaient un dollar flirtant avec les 3 000 francs congolais fin 2024, le scénario catastrophe ne s’est pas produit. La Banque centrale, explique le ministre, y est pour beaucoup :
« Elle intervient de manière régulière, notamment via la vente de titres, les fameux bons BCC, pour soutenir le franc congolais. »

Dans la zone Ouest, qui comprend Kinshasa, l’essence est passée de 3 340 à 2 990,49 francs congolais. Le gasoil, lui, de 3 435 à 2 979,73 FC. Une baisse nette, un pouvoir d’achat un peu réanimé, et une administration qui tente de capitaliser sur ce succès apparent.
LUKEKA KALUME