
La bataille pour la transformation locale des minerais se joue désormais aussi dans les amphithéâtres.
Les 2 et 6 juillet 2026, le député national Thierry Mulumba Mpandanjila a réuni plusieurs centaines d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs à l’Université Simon Kimbangu (USK) puis à l’Université Islamique du Congo (UNICO), poursuivant sa vaste campagne de mobilisation autour de sa Proposition de Loi sur la transformation locale et le développement des chaînes de valeur des substances minérales, désormais connue sous l’appellation de « Loi Mpandanjila ».




Placées sous le thème « Transformer localement pour développer durablement », ces conférences prolongent une tournée académique menée dans plus d’une dizaine d’universités congolaises, de Kinshasa au Grand Katanga en passant par l’espace Kasaï, mais également auprès de la diaspora congolaise aux États-Unis et en France. Leur ambition est claire : faire de la transformation locale des ressources minières un enjeu national dépassant le seul secteur extractif.
Devant des amphithéâtres combles, l’élu de Demba a replacé le débat dans le contexte de la transition énergétique, de la révolution numérique et de la compétition mondiale pour les minerais critiques et stratégiques. Si la République démocratique du Congo demeure l’un des principaux détenteurs de cobalt, de cuivre, de lithium, de nickel et de terres rares, elle ne capte encore qu’une part marginale de la richesse générée par ces ressources. L’essentiel de la valeur ajoutée est créé à l’étranger, lors des étapes de raffinage, de transformation industrielle, de fabrication des composants et de recyclage.




Pour Thierry Mulumba, cette situation n’est plus soutenable au regard des mutations géoéconomiques en cours. La montée en puissance de l’intelligence artificielle, des technologies numériques et des énergies propres entraîne une explosion de la demande mondiale en minerais stratégiques, ouvrant à la RDC une fenêtre historique pour gravir les chaînes de valeur mondiales et transformer son potentiel géologique en puissance industrielle.
« Les grandes fortunes industrielles ne se construisent pas dans l’extraction des matières premières, mais dans leur transformation. C’est là que se créent les emplois qualifiés, les technologies, l’innovation et la véritable souveraineté économique », a-t-il déclaré.
C’est précisément l’objectif poursuivi par la Loi Mpandanjila. Conçue comme un complément au Code minier, centré principalement sur les activités d’extraction, cette proposition de loi vise à instaurer un cadre juridique spécifique aux activités post-extractives afin de favoriser les investissements industriels, le transfert de technologies, le développement des compétences nationales et l’émergence d’un tissu manufacturier compétitif.





L’initiative s’inscrit dans la vision d’industrialisation défendue par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui appelle régulièrement à mettre un terme à l’exportation des minerais bruts afin que la richesse produite bénéficie davantage à l’économie nationale.
Les conférences ont également servi de tribune pour promouvoir le Concours Interuniversitaire National Mpandanjila, dont la première demi-finale, organisée le 9 mai dernier, a mis en lumière la qualité des projets portés par les étudiants congolais. À cette occasion, le professeur Jean-Paul Tsasa a annoncé la tenue de la deuxième demi-finale le 15 août 2026, avant la grande finale nationale prévue le 10 octobre.








Les échanges se sont conclus par une séance de questions-réponses particulièrement nourrie. Thierry Mulumba a invité les universités à adapter davantage leurs filières de formation aux exigences de la transformation industrielle, estimant que la souveraineté économique de la RDC dépendra autant de ses ressources naturelles que de sa capacité à former les compétences appelées à les valoriser.
LUKEKA KALUME