
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a décidé de suspendre la diffusion de la chaîne Al Jazeera sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. Cette mesure, prise à titre conservatoire, est valable pour une durée de 90 jours. En cause, l’interview polémique accordée au leader du groupe terroriste M23, Bertrand Bisimwa, accusée de manquer de recoupement des sources et de ne pas respecter le principe du contradictoire. Selon le CSAC, cette démarche avait pour but de déstabiliser les institutions du pays.
La décision ne s’arrête pas là. Dans un courrier officiel daté de jeudi, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a informé Al Jazeera du retrait immédiat de toutes les autorisations de reportage accordées à ses journalistes en RDC. Ce courrier, adressé au directeur général de la chaîne, Mostefa Souag, précise clairement que les accréditations en cours de validité sont désormais annulées.

Dans un tweet publié ce lundi sur le réseau social X (anciennement Twitter), Christian Bosembe, Président du CSAC, a averti les autres médias qui pourraient adopter des pratiques similaires :
« J’avais prévenu : aucun média ne peut violer impunément les lois de la République et les principes sacrés du journalisme. La chaîne Al Jazeera a délibérément choisi l’apologie du crime. Le CSAC a agi fermement. Dans les jours à venir, d’autres médias déviants seront frappés sans concession. Que Dieu bénisse la RDC. »

En plus de la suspension, le CSAC a ordonné aux sociétés de télédistribution opérant en RDC de bloquer la diffusion de la chaîne dans le pays. Ces sociétés sont désormais obligées de se conformer à cette décision, sous peine de sanctions.
Le procureur général près le Conseil d’État et le directeur général du RENATELSAT ont également été appelés à garantir la bonne application de cette mesure.
LUKEKA KALUME