
C’est un ballet diplomatique qui en dit long sur l’urgence du moment. Alors que les tensions restent vives dans l’Est du pays, la politique congolaise se mue en un véritable front diplomatique.
En première ligne, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, qui a enchaîné, lundi 17 mars, des entretiens dits “stratégiques” avec des représentants de poids : Ronny Jackson, membre du Congrès américain et émissaire de Donald Trump, ainsi que Carmen Diez Orejas, ambassadrice d’Espagne en RDC.


Fraîchement arrivé de la Cité de l’Union africaine, où il avait rencontré la veille le président Félix Tshisekedi, Ronny Jackson n’a pas fait de détour : l’heure est à la défense de l’intégrité territoriale congolaise. Face à Vital Kamerhe, l’envoyé spécial du camp républicain a réaffirmé le positionnement de Washington.
« Nous sommes d’avis que l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo est inviolable et nous sommes donc contre la violation de sa souveraineté », a-t-il martelé, tout en soulignant que les États-Unis ont intérêt à voir une région des Grands Lacs stable et sécurisée.


Un soutien qui ne se limite pas aux déclarations. L’administration Trump, selon Ronny Jackson, est prête à peser de tout son poids pour favoriser un règlement pacifique du conflit, alors que des discussions sont attendues le 18 mars à Luanda sous la médiation du président angolais João Lourenço.
« Nous sommes favorables à toute démarche visant à ramener la paix diplomatiquement. C’est pourquoi nous saluons la démarche du président Lourenço », a-t-il insisté, appelant à une approche élargie qui inclurait un dialogue direct entre les gouvernements congolais et rwandais.
Visiblement attentif, Vital Kamerhe n’a pas manqué de souligner la nécessité d’un soutien international accru pour garantir l’efficacité de la médiation angolaise. Fort de son expérience dans les processus de paix régionaux, le président de l’Assemblée nationale a plaidé pour une approche qui ne se limite pas à la diplomatie, mais qui intègre également la consolidation d’une cohésion nationale.
« La République démocratique du Congo a besoin du soutien de tout le monde pour retrouver une paix durable », a-t-il rappelé, insistant sur l’importance d’un appui diplomatique et logistique de la communauté internationale.


Dans la foulée de cette rencontre avec l’émissaire américain, Vital Kamerhe a également échangé avec l’ambassadrice d’Espagne, Carmen Diez Orejas. Là encore, le message est clair : Madrid soutient la RDC dans sa défense de son intégrité territoriale.
L’ambassadrice a rappelé les liens historiques entre les deux nations et assuré que l’Espagne poursuivrait son appui, aussi bien au niveau international que sur le terrain. Un signal de plus en faveur du front diplomatique que la Chambre basse du Parlement entend renforcer pour appuyer les efforts du gouvernement.
LUKEKA KALUME