Discours de Kabila | Kabuya pousse la majorité à sortir du silence

Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a appelé les membres du gouvernement et les responsables de la majorité présidentielle à réagir au discours prononcé le 9 octobre par Joseph Kabila. Une sortie qui intervient alors que la confrontation entre l’ancien président et le pouvoir se durcit.

À la permanence de l’UDPS à Limete, Augustin Kabuya a publiquement regretté le silence de plusieurs responsables de la majorité.

« Moi, je ne comprends pas certains ministres, Kabila parle et vous, vous allez dormir ? », a-t-il lancé devant les militants de son parti.

Depuis le discours de l’ancien chef de l’État, plusieurs figures du camp présidentiel ont pris position, parmi lesquelles Jean-Pierre Bemba, Patrick Muyaya, Peter Kazadi, Doudou Fwamba, Christian Bosembe ou encore Thierry Monsenepwo.

D’autres poids lourds de l’Union sacrée, notamment Vital Kamerhe, Modeste Bahati Lukwebo, Christophe Mboso et Évariste Boshab, n’avaient pas encore réagi publiquement au moment de l’interpellation de Kabuya.

Le responsable de l’UDPS a également durci le ton en évoquant Jonas Savimbi, ancien chef de l’UNITA tué en Angola en 2002.

« S’il continue comme ça, il va se retrouver plaqué au sol comme Savimbi et il va laisser son corps », a-t-il déclaré.

Cette multiplication des réactions ne fait cependant pas l’unanimité. L’ancien sénateur Moïse Nyarugabo plaide plutôt pour une réponse coordonnée du pouvoir, à travers un Conseil des ministres consacré au discours de Joseph Kabila et une communication officielle unique.

Lambert Mende estime, de son côté, que le Sénat devrait constituer le cadre institutionnel dans lequel Joseph Kabila, en sa qualité de sénateur à vie, formule ses critiques à l’égard du pouvoir.

La séquence a pris une nouvelle dimension avec la création, le 12 octobre à Goma, du Front pour la refondation de la nation (FRN), placé sous la direction de Joseph Kabila. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa figurent parmi ses principaux dirigeants, tandis que Sultani Makenga conserve un rôle militaire central.

Le nouveau mouvement affirme succéder à l’AFC et assume le recours à la force parmi ses moyens d’action.

Le discours du 9 octobre apparaît ainsi comme le point de départ d’une nouvelle phase de confrontation, désormais marquée à la fois par la mobilisation politique du camp présidentiel à Kinshasa et par la recomposition du dispositif politico-militaire autour de Joseph Kabila dans l’Est du pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.