
Et si la réflexion de Nicolas Sarkozy correspondait à ce qu’on chuchote dans les état majors politiques, question pertinente.
Après avoir parcouru plusieurs médias français sur l’intervention de l’ancien président français Nicolas Sarkozy sur TF1 et sa position drastique sur la Guerre Russo-Ukrainienne, il est logique de partager l’approche réflexive de Nicolas Sarkozy en ce qui concerne la médiation qui puisse permettre de réconcilier la France et l’Europe et leur regard sur la situation en Ukraine et en Russie.

Nous devrions l’avouer. Cette réflexion de Nicolas Sarkozy ressemble effectivement à ce qu’on chuchote en privé dans les états-majors politiques. Paraphrasant un politicien congolais, on dirait : « Dire tout haut ce que certains pensent tout bas ».
*Récapitulatif de fait !*
Invité au journal de 20h de TF1, l’ancien président français Nicolas Sarkozy s’est déchaîné sur la situation de la guerre Russo-Ukrainienne, estimant que l’Ukraine devrait être un État neutre.
« Si vous permettez que je dise un mot. J’ai voulu expliquer aux Français ce que c’était être président de la République. J’ai voulu les mettre à côté de moi, et je ne prétends ni à l’objectivité ni à l’exhaustivité. J’ai voulu leur montrer, combien j’ai aimé ce que je fais et quels étaient les sentiments que l’on ressentait. C’est chaud. C’est incarner, ce n’est pas froid, la politique. Et après, ce n’est pas seulement des souvenirs, j’ai voulu aussi montrer que rien ne change et la question de rapport entre l’Europe et la Russie, c’est une question qui date des siècles et des siècles et qui occupera nombre de nos successeurs », explique-t-il.
Comme dit au premier paragraphe, il est plausible et cela reste un droit légitime de critiquer cette cogitation de Nicolas Sarkozy. Mais partir de bon en mieux serait aussi d’argumenter.
Car, il paraît légitime d’affirmer, au-delà des clivages politiques entre les partisans de la droite toute comme de la gauche, le diagnostic sur la France d’aujourd’hui de Nicolas Sarkozy ne serait-il pas un exutoire à l’épineuse guerre Russo-Ukrainienne ?
Nous devons reconnaître que cette guerre, sans vouloir faire son apologie, met, en mal, la politique extérieure et la coopération de la France eu égard à certains partenaires du continent africain.
L’approche qui apportera de l’eau au moulin serait celle de tirer sur le messager Nicolas Sarkozy tout en contredisant aussi son message et non le contraire qui consiste à tirer sur le messager au lieu de contredire son message.
*Lorsque Nicolas Sarkozy dilue l’autorité de la position officielle française sur la guerre Russo-Ukrainienne !*
Contrairement à la position officielle de la France selon laquelle : « La France ne reconnaît ni l’annexion par la Russie des territoires ukrainiens, ni les résultats de simulacres d’élections », affirmation du Président Emmanuel Macron.
Laquelle affirmation est moins partagée par Nicolas Sarkozy sur l’optique de la perspective et l’appréhension de la solution à la guerre Russo-Ukrainienne par Nicolas Sarkozy qui reconnaît tout de même la faute commise par Vladimir Poutine et suggère la voie de la discussion pour une réconciliation face à adversaire.
« Lorsque j’ai été président de la France et président de l’Europe, j’ai été confronté à Poutine très brutalement. Quand il a commis l’outrage d’envahir la Géorgie, j’ai été négocié avec lui. Je n’ai pas demandé l’autorisation et nous avions eu huit jours de discussion brutale, et il a retiré les charges », révèle-t-il.
Pour Nicolas Sarkozy, le forcing face à un adversaire qui nous ouvre une brèche de négociation symbolise un aveu d’échec sur le plan de la diplomatie.
« Je sais qu’il était coupable en Géorgie et qu’il est coupable aujourd’hui en Ukraine. Il y a deux façons de gagner une guerre. Soit vous anéantissez l’adversaire, soit vous discutez avec lui et vous trouvez un compromis ».
*Est-ce le temps de l’autopsie de la société française ?*
« Aujourd’hui en France, on ne peut plus discuter de rien. Lorsqu’on affirme, qu’on est en guerre aujourd’hui avec une puissance nucléaire, on vous accuse d’être un support de Poutine […] Comment on sort de ça, arrêter de parler, d’acheter des armes, les avions, les munitions , les chars, il faut trouver une solution qui préserve naturellement les intérêts de l’Ukraine. Personne et surtout pas moi ne veut laisser tomber l’Ukraine, comme je n’ai pas laissé tomber la Géorgie, mais qui fait comprendre aux gens que la Russie ne déménagera pas ».
Le tollé que suscite la sortie médiatique de Nicolas Sarkozy serait une puce à l’oreille pour la politique extérieure de la France et de l’Europe, le cas de Gérard Araud ancien diplomate de Sarkozy qui affirmait dans les colonnes du média en ligne Le Point être indigné de la violence des réactions à ses propos récents sur la guerre en Ukraine.

« Je ne partage pas, loin de là, toutes ses analyses. J’en désapprouve certaines, mais j’estime qu’elles méritaient mieux que des accusations de corruption », lit-on dans cette chronique.
Henry Ngindu