Justice et gouvernance : La CNDH saisit le Procureur général, le gouvernement veut nettoyer les marchés publics

Kinshasa, 1er octobre 2026 – Double mouvement côté justice et gouvernance ce 30 septembre. À gauche, la Commission nationale des droits de l’homme CNDH-RDC porte les cris de la société civile au parquet général. A droite, le gouvernement examine une loi pour verrouiller les marchés publics.

CNDH chez le Procureur général : les dossiers qui brûlent

La Commission nationale des droits de l’homme a porté, mercredi 30 septembre 2026, devant le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Nvonde, une série de préoccupations recueillies auprès des organisations de la société civile sur la situation des droits humains en RDC.

La démarche intervient dans un contexte marqué par des alertes persistantes sur les violations des droits fondamentaux et les difficultés d’accès à la justice dans certaines zones du pays.

La vice-présidente de la CNDH, Me Joëlle Mbamba Kona, accompagnée du commissaire national Jean Richard Tshibanda, a été reçue par le Procureur général près la Cour de cassation.

Selon la CNDH, il s’agit de préoccupations collectées depuis le 18 septembre lors de consultations avec les ONG de défense des droits humains : détentions arbitraires, conditions carcérales, répression des manifestations, impunité des forces de sécurité, situation dans l’Est.

La CNDH, institution d’appui à la démocratie, joue son rôle de pont. Elle transmet, le parquet doit instruire.

Reste à voir si le Procureur général Firmin Nvonde, déjà sous pression avec plusieurs dossiers politiques sensibles, donnera suite.

Marchés publics : le gouvernement veut plus de transparence

Le même mercredi 30 septembre 2026 à Kinshasa, le gouvernement a examiné un projet de loi relatif aux marchés publics, présenté comme un outil visant à renforcer la transparence et la redevabilité dans la passation des contrats publics.

Le texte a été examiné lors de la huitième réunion restreinte du gouvernement, tenue à l’immeuble du gouvernement sous la présidence du Vice-Premier ministre, ministre des Transports, conformément aux instructions de la Première ministre, cheffe du gouvernement.

Le projet a été présenté par le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito.

Selon le compte rendu du porte-parole, le gouvernement veut lutter contre la surfacturation, les gré à gré abusifs et les marchés fictifs qui gangrènent l’administration congolaise.

Contexte : la RDC est régulièrement épinglée par l’Inspection Générale des Finances IGF et la Cour des comptes pour des marchés publics passés sans appel d’offres, avec des avenants qui doublent les coûts initiaux.

Ce projet de loi, s’il est adopté au Parlement, devrait imposer plus de publicité, plus de contrôle à priori et des sanctions pénales renforcées.

Deux signaux le même jour : la société civile qui alerte sur les droits humains, et l’exécutif qui tente de verrouiller la dépense publique. Deux chantiers où les Congolais attendent du concret depuis des années.

 

Freddy Millions Mbwebwe

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