Justice implacable au Kasaï-Oriental | La police Congolaise face à ses Démons ! 

Au cœur du Kasaï-Oriental, le jeudi 19 février 2026, le tribunal militaire de Mbuji-Mayi et Tshilenge a résonné du poids d’un verdict historique. Dans une affaire qui a secoué la région, quatre policiers ont été condamnés à des peines sévères, allant de 20 ans de servitude pénale à la prison à vie, pour des actes d’une gravité extrême commis lors d’une patrouille nocturne. Ces sentences, qui s’accompagnent d’une exclusion définitive de la Police Nationale Congolaise (PNC), envoient un message fort : l’impunité n’aura plus sa place.

 

Jonathan Tshibala et Jacob Kalenga, deux noms désormais synonymes de trahison de leur serment, ont été condamnés à la perpétuité. Le tribunal les a reconnus coupables d’une liste accablante de crimes : association de malfaiteurs, meurtre, détention illégale d’armes de guerre, vol à main armée et destruction méchante. La cour a non seulement prononcé la peine maximale, mais a également ordonné leur dégradation et leur radiation de la PNC, scellant ainsi leur destin et leur honte.

Mardochée Kabengele et Placide Kole Kabale, quant à eux, devront purger 20 ans de servitude pénale. Leurs crimes, meurtres, vols à main armée et destruction méchante, leur valent également une destitution définitive de leurs fonctions. Ces condamnations, bien que moins sévères que la perpétuité, témoignent de la gravité des faits et de la détermination de la justice à faire respecter la loi.

 

Au-delà des peines de prison, la justice a également ordonné des réparations financières. Les quatre policiers condamnés devront verser la somme de 100 000 dollars américains, convertie en francs congolais, à la famille victime, pour tenter de compenser les préjudices subis. C’est un pas essentiel vers la reconnaissance de la souffrance des victimes et la réparation des torts causés.

Dans cette affaire, un cinquième policier, Alphonse Ilunga, a quant à lui été acquitté. Le tribunal, estimant qu’il n’était pas impliqué dans les faits reprochés, a ordonné sa libération immédiate. C’est un rappel que la justice doit être rendue avec discernement et impartialité.

 

Le drame qui a mené à ce verdict s’est déroulé dans la nuit du 8 au 9 janvier dernier. Une patrouille de policiers, censée protéger la population, s’est transformée en une expédition criminelle. Ils ont fait irruption dans la résidence d’un de leurs collègues, l’ont blessé grièvement aux jambes, et, dans un acte d’une barbarie inqualifiable, ont fauché la vie de sa fillette de huit ans, atteinte par des balles perdues. La sauvagerie ne s’est pas arrêtée là : les assaillants ont dérobé de l’argent et des biens, ajoutant le vol à leur liste de crimes.

Ce verdict, parmi les plus sévères rendus récemment dans la province contre des agents de l’ordre, résonne comme une victoire pour la lutte contre les abus et la corruption au sein des forces de sécurité. Il survient à un moment où la population congolaise aspire plus que jamais à une plus grande responsabilisation des forces de sécurité et à une justice ferme face aux violations graves des droits humains. C’est un signal fort envoyé à tous ceux qui pensent pouvoir agir en toute impunité. La confiance du peuple en ses forces de sécurité ne pourra être restaurée que par des actes concrets de justice et de reddition de comptes.

 

Willy Ulengu Samuanda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.