Kabila convoqué au Sénat ce mardi, la levée de l’immunité en ligne de mire

L’image est saisissante : une convocation officielle, signée de la main du président du Sénat, traîne sur l’herbe, comme un symbole du choc politique à venir. Le destinataire n’est pas un sénateur comme les autres. Il s’agit de Joseph Kabila Kabange, ancien président de la République démocratique du Congo, désormais sénateur à vie. Et le contenu du courrier a de quoi faire trembler les piliers du Palais du Peuple.

Dans cette missive datée de ce lundi 19 mai 2025, le Sénat invite « l’Honorable Kabila Kabange Joseph » à une séance de travail avec la Commission spéciale. Objet de la rencontre : l’examen du réquisitoire de l’Auditeur général près la Haute Cour Militaire. À la clé, rien de moins que la levée de son immunité parlementaire et l’autorisation de poursuites.

La réunion est fixée au mardi 20 mai, à 11 heures précises, dans la très formelle Salle des Conférences Internationales. Le ton est courtois, mais le fond est explosif. L’article 138, point 5 du Règlement intérieur du Sénat est invoqué, comme pour rappeler la légalité de la procédure, sans en atténuer la portée politique.

Depuis son retrait du pouvoir en janvier 2019, Joseph Kabila s’était muré dans un silence que ses proches appelaient « stratégique ». Présenté comme un faiseur de rois dans l’ombre, son influence semblait intacte au cœur des équilibres fragiles de Kinshasa. Mais cette convocation change la donne. Elle officialise une volonté d’en découdre sur le terrain judiciaire.

S’il ne s’agit pour l’instant que d’une étape préliminaire – une « séance de travail » avec une commission – le signal est clair : nul, pas même un ancien chef d’État, n’est au-dessus des procédures. La République, en apparence du moins, semble vouloir régler ses comptes.

ANASTASIE MIMBOLO 

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