Kasaï-Central | L’émancipation par la couture pour dix jeunes filles vulnérables

Elles ont enfilé le fil dans l’aiguille, manié le tissu, coupé, cousu. Après trois mois de formation, dix jeunes filles vulnérables de Kananga, au Kasaï-Central, ont reçu ce lundi mars leurs kits de réinsertion socio-économique. Machines à coudre, pagnes, tissus, ciseaux, rubans, et même une enveloppe pour démarrer. De quoi transformer leur apprentissage en activité génératrice de revenus.

Derrière cette initiative, l’ONG FMMDI, soutenue par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), via le projet KOICA. L’objectif : redonner une autonomie à des filles souvent laissées sur le bas-côté, parfois victimes de violences, en leur offrant une compétence concrète.

Elles étaient dix à franchir les portes du centre d’apprentissage, dont huit sans la moindre notion en couture. À l’issue de la formation, chacune a pu confectionner quatre ensembles, présentés fièrement lors de la cérémonie de remise des kits. Un symbole fort pour celles qui, hier encore, ne maîtrisaient pas les bases du métier.

Natalie Kambala Luse, directrice de FMMDI, a tenu à leur adresser un message clair :

« Nous demandons aux filles d’aller pratiquer ce qu’elles ont appris pendant ces trois mois, et nous souhaitons qu’elles soient beaucoup plus productives, de telle sorte qu’avec une seule machine aujourd’hui, elles en aient plus de dix demain. »

L’initiative ne s’arrête pas là. FMMDI prévoit déjà une nouvelle cohorte de dix filles cette année, avec l’ambition de former davantage de jeunes vulnérables au fil des ans. Le programme s’étale sur quatre ans et vise à renforcer les capacités des filles victimes de violences basées sur le genre, pour leur permettre d’occuper une place plus active dans la société.

 

Prochaine étape : la reconnaissance officielle du centre d’apprentissage par l’Inspection des centres professionnels, afin d’ouvrir la voie à des formations de plus longue durée. Une manière de garantir un avenir plus solide aux futures bénéficiaires.

En attendant, ces dix premières diplômées quittent les bancs du centre avec une machine à coudre sous le bras et, surtout, l’espoir d’une nouvelle vie entre leurs mains.

 

ANASTASIE MIMBOLO

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