
Plusieurs centaines de ménages ont été déguerpis du site COSBAKI à la hauteur du pont Makelele, à Bandal Tshibangu, dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa. Depuis plus de cinq jours, de nombreuses familles se retrouvent sans abris, contraintes de passer la nuit à la belle étoile.
L’opération a été menée par les forces loyalistes, comprenant des éléments des FARDC et de la police, qui ont déguerpi sans ménagement les habitants de cet espace de vie. Certaines familles n’ont eu d’autre choix que d’ériger des abris sur la devanture du site pour y passer la nuit.
La situation est d’autant plus dramatique que certaines victimes étaient jusque-là propriétaires de terrains sur le site COSBAKI. « En début de semaine dernière, nous avons été surpris par une opération de bouclage effectuée par les forces de l’ordre. Ils nous ont jeté dehors, nous et nos effets. Nos biens de valeur ont été ravis. Et des sommes d’argent importantes aussi nous ont été prises. Que faire ? » s’est indignée une victime rencontrée sur la devanture du site COSBAKI.

Parmi les victimes figurent des veuves et des orphelins, qui sont aujourd’hui dépourvus de tout. Elles demandent à être rétablies dans leurs droits et souhaitent que les autorités locales reviennent sur leur décision et leur trouvent un autre lieu de refuge. « Nous ne savons pas à quel saint nous vouer », a déclaré sous forte émotion une sexagénaire désespérée.
En attendant une solution, le site COSBAKI est devenu un véritable chantier, où la Société Kin Construction exécute la rénovation de l’école primaire Makelele et la construction de bureaux pour le ministère des affaires foncières, de quartier Makelele et de la police.
Cette opération de déguerpissement soulève de nombreuses interrogations quant aux droits des habitants de Kinshasa et à la gestion foncière de la ville. La situation est d’autant plus inquiétante que ces pratiques sont fréquentes à Kinshasa, avec des conséquences dramatiques sur la population.
Basile Muya