
Dans une mégapole de plus de 17 millions d’habitants étouffée par ses propres déchets, l’heure n’est plus à la simple pédagogie. Mercredi 22 avril, l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK) a entamé l’examen d’un projet d’édit crucial visant à instaurer un régime de sanctions sévères pour les auteurs de dépôts sauvages. Si le texte promet un tournant répressif, son adoption finale a été suspendue à des impératifs procéduraux.
L’hémicycle de l’APK, sous la direction de son bureau, s’est penché ce mercredi sur le rapport de la commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ) concernant la gestion des déchets. Porté par le questeur Socrate Mubengayi, ce projet d’édit, structuré en 22 articles, ambitionne de transformer radicalement le comportement des Kinois par une approche binaire : une sensibilisation accrue doublée de sanctions pécuniaires dissuasives.
Pour Nicolas Wemakoy, président de la commission PAJ, l’urgence est sanitaire autant qu’économique.
« Les dépôts sauvages dans les caniveaux et les espaces publics obstruent les réseaux d’évacuation des eaux pluviales et favorisent la prolifération de vecteurs de maladies », a-t-il martelé lors de la présentation du rapport.
Pour les autorités provinciales, la salubrité est désormais perçue comme le socle indispensable de l’attractivité économique et du bien-être social de la capitale congolaise.
Toutefois, la machine législative a connu un coup d’arrêt technique. Plusieurs élus ont soulevé la nécessité de respecter scrupuleusement le Règlement intérieur de l’institution, lequel exige que les documents de travail soient mis à la disposition des députés au moins 48 heures avant le débat en plénière. Soucieux de garantir la solidité juridique du futur édit, le bureau a suspendu la séance. Les discussions reprendront ce vendredi 24 avril, date à laquelle les amendements seront intégrés pour un vote définitif.
Willy Ulengu Samuanda
