Le parc national de la Garamba sort de la liste du patrimoine en péril | Une victoire majeure pour la conservation en RDC

La République démocratique du Congo vient d’enregistrer une avancée historique dans la protection de son patrimoine naturel. Réuni à Busan, en Corée du Sud, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a décidé, le 25 juillet 2026, de retirer le parc national de la Garamba de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Cette décision, adoptée sans amendement ni objection lors de la 48ᵉ session du Comité, récompense plusieurs années d’efforts consacrés au renforcement de la conservation de l’un des plus anciens parcs nationaux d’Afrique.

« La protection de la nature produit des résultats lorsque les engagements sont suivis d’actions concrètes. »

Le président de séance a salué cette requalification en félicitant officiellement la République démocratique du Congo. Pour les autorités congolaises, cette reconnaissance confirme les progrès accomplis dans la gestion du site et la préservation de sa valeur universelle exceptionnelle. Le directeur général de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), Yves Milan Ngangay, y voit l’aboutissement d’un travail intensif mené au cours des trois dernières années.

« Cette décision honore les femmes et les hommes qui protègent quotidiennement ce patrimoine mondial », a-t-il déclaré.

Situé dans la province du Haut-Uélé, à proximité de la frontière avec le Soudan du Sud, le parc national de la Garamba couvre environ 512 000 hectares, auxquels s’ajoute une zone tampon de plus de 540 000 hectares. Cet ensemble constitue un vaste paysage écologique où coexistent savanes, forêts, rivières et une faune d’une richesse exceptionnelle. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980, le parc demeure un refuge essentiel pour les éléphants, les girafes de Kordofan, les hippopotames et de nombreuses autres espèces emblématiques du Bassin du Congo.

« Préserver la Garamba, c’est préserver une partie de l’héritage naturel de l’humanité. »

Dans son évaluation, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organe consultatif de l’UNESCO, relève des avancées significatives dans la protection et la gestion du parc. Parmi les progrès cités figurent le renforcement du cadre juridique grâce à la loi congolaise de 2014 sur la conservation de la nature, l’amélioration des capacités opérationnelles, le développement de la surveillance aérienne, le suivi écologique ainsi que l’implication croissante des communautés locales dans la protection des ressources naturelles.

« La conservation durable repose autant sur la mobilisation des populations que sur les moyens techniques », souligne l’UICN.

Cette décision ne signifie toutefois pas la fin des défis. Les autorités congolaises reconnaissent que la lutte contre le braconnage, les incursions des groupes armés, les trafics transfrontaliers et les effets du changement climatique demeure une priorité pour préserver les acquis obtenus. La sortie de la liste du patrimoine en péril constitue avant tout une reconnaissance des progrès réalisés et un engagement à poursuivre les efforts de gestion durable.

« Une victoire en matière de conservation n’est jamais définitive ; elle doit être entretenue chaque jour. »

Cette requalification intervient après plusieurs décisions du Comité du patrimoine mondial qui avaient maintenu la Garamba sur la Liste du patrimoine en péril tout en encourageant la RDC à renforcer les mesures de conservation. Elle ouvre désormais une nouvelle étape pour le pays. L’ICCN entend poursuivre les efforts en faveur des trois autres sites congolais encore inscrits sur cette liste, à savoir le parc national des Virunga, le parc national de Kahuzi-Biega et la Réserve de faune à okapis. Pour les partenaires de la conservation, le succès de la Garamba démontre qu’une coopération durable entre l’État, les communautés locales et les partenaires internationaux peut produire des résultats tangibles. Les prochains défis consisteront à consolider ces acquis et à permettre aux autres aires protégées de suivre le même chemin vers une reconnaissance internationale durable.

« La Garamba montre que la résilience de la nature est possible lorsque la volonté politique et les moyens se rejoignent. »

Willy Ulengu Samuanda

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