
Le territoire de Ngandanjika, dans la province de Lomami, traverse une séquence sécuritaire critique. Alors que des affrontements intercommunautaires ont coûté la vie à au moins cinq personnes le 15 mai dernier, des alertes persistantes font état d’une recrudescence de braquages ciblant les opérateurs économiques sur l’axe stratégique reliant Ngandanjika à Kabinda. Une situation qui soulève des interrogations sur la capacité de l’État à réguler la ruée vers des ressources locales encore non identifiées.
Le climat social s’est brutalement dégradé dans le groupement de Mande. Le 15 mai 2026, une dispute liée à une supposée découverte de minerais a dégénéré en un conflit sanglant entre les communautés Bena Mukendi et Bena Mataamba. Le bilan, encore provisoire, fait état de cinq décès, de nombreux blessés et d’habitations réduites en cendres. Si les autorités provinciales ont déployé des renforts policiers pour contenir les hostilités, cette flambée de violence n’est que la partie émergée d’un malaise plus profond.
Parallèlement, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) tire la sonnette d’alarme sur la sécurité des voies de ravitaillement. Selon Jean-Pierre Beya, président territorial de la FEC, le tronçon Ngandanjika-Kabinda est devenu une zone de non-droit où les commerçants sont régulièrement pris pour cible. Bien que les autorités territoriales observent une réserve prudente face à ces allégations, la répétition des incidents sur cet axe vital pour l’économie locale impose une réponse sécuritaire urgente et structurée.
Un défi de gouvernance
La concordance temporelle entre les affrontements de Mande et les attaques sur les axes routiers suggère une fragilisation de l’autorité de l’État dans la zone. La « supposée découverte minière » agit ici comme un catalyseur de tensions latentes, exploitant les failles de la gestion foncière et coutumière. Pour Sasa studio.net, le constat est clair : sans une identification formelle des ressources et une sécurisation rigoureuse des corridors commerciaux, le territoire risque de s’enfoncer dans une instabilité chronique préjudiciable au développement de la province.
Willy Ulengu Samuanda