RDC–Rwanda | Kinshasa demande des sanctions ciblées et un mécanisme de suivi international

Après les mots tranchants, les propositions concrètes. Mercredi, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Thérèse Wagner Kayikwamba n’a pas seulement dénoncé le non-respect de la Résolution 2773 par le Rwanda. La ministre des Affaires étrangères de la RDC a déroulé un véritable plan d’action international : sanctions ciblées, restrictions militaires et embargo minier.

Face à l’immobilisme, Kinshasa hausse le ton.

« Il faut constater formellement le non-respect de la résolution 27-73 par le Rwanda », a-t-elle exigé.

Par ailleurs, elle appelle à la mise en place d’un « mécanisme de suivi assorti de mesures coercitives progressives ». Une demande sans précédent qui cible directement l’armée rwandaise (RDF) et son soutien présumé au M23, groupe armé actif dans l’est congolais.

Dans le viseur de la ministre : la chaîne de commandement des RDF, les décideurs politiques de Kigali, mais aussi les circuits d’exportation des minéraux extraits illégalement en RDC. Elle recommande ni plus ni moins que la révocation du statut de contributeur de troupes du Rwanda dans les missions onusiennes, et l’imposition d’un embargo minéral. Une mise à l’index d’un pays encore souvent courtisé sur la scène internationale.

Mais Wagner Kayikwamba ne s’arrête pas là. Elle alerte sur une perte d’autorité de l’ONU elle-même :

« Le Rwanda et le M23 pourraient entraîner la perte totale de l’autorité de ce Conseil aux yeux des populations congolaises… mais aussi du monde entier. »

Un avertissement diplomatique à peine voilé, dans une salle où le silence s’est sans doute fait lourd.

LUKEKA KALUME 

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