RDC | Entre « poursuivre ou extrader », la victoire d’une justice congolaise connectée aux standards internationaux

Dans un contexte de réformes judiciaires sous haute tension, le ministre de la Justice a reçu, ce lundi 27 avril 2026, l’expert en droit international Ezéchiel Amani. Au menu : l’application du principe « aut dedere aut judicare ». Si l’apport de la doctrine scientifique promet de muscler l’arsenal juridique contre les crimes transnationaux, la rédaction de Sasa studio a passé au crible les réelles capacités d’extradition d’un État en quête de crédibilité diplomatique.

La lutte contre l’impunité en République démocratique du Congo (RDC) vient de s’inviter sur le terrain de la haute expertise académique. Le ministre de la Justice s’est entretenu avec le professeur Ezéchiel Amani, magistrat et universitaire officiant en Europe, pour explorer les mécanismes de coopération judiciaire internationale. Le point d’orgue de cette rencontre réside dans la remise officielle des travaux de recherche du professeur, centrés sur le principe cardinal : poursuivre ou extrader

Ce concept, pilier du droit pénal international, impose à un État l’obligation de juger les auteurs de crimes graves (crimes de guerre, crimes contre l’humanité, terrorisme) présents sur son territoire, ou de les remettre à une juridiction étrangère réclamante. Pour Kinshasa, l’enjeu est double : redorer son blason diplomatique et s’assurer que les frontières ne soient plus des remparts pour les criminels en cavale.

* Le principe poursuivre ou extrader est-il une nouveauté ? FAUX.Ce principe est ancré dans plusieurs conventions internationales (notamment la Convention de New York de 1984 contre la torture) ratifiées par la RDC. La nouveauté réside dans la volonté affichée d’intégrer ces recherches académiques dans la pratique des magistrats congolais.
* La RDC peut-elle extrader sans conditions ? NON.L’extradition est soumise au principe de « double incrimination » et à l’absence de risques de peine de mort ou de torture dans le pays demandeur. Sans accords bilatéraux solides, les discussions de ce lundi restent des intentions doctrinales plus que des outils opérationnels immédiats.
* L’impact des réformes en cours : Le gouvernement présente ces échanges comme un appui aux réformes. Vrai, mais avec une nuance de taille : l’indépendance budgétaire de la justice reste le verrou principal, bien avant l’apport de la doctrine scientifique.

L’expertise au service de la sanction
L’implication du professeur Amani marque une volonté de professionnaliser la réponse pénale congolaise. En s’appuyant sur des travaux validés à l’échelle internationale, le ministère de la Justice tente de sortir d’une approche purement réactive pour bâtir une stratégie proactive. Toutefois, pour l’opinion publique, l’heure n’est plus à la théorie. L’efficacité de cette coopération se mesurera à l’aune des dossiers sensibles de crimes économiques et de sang qui attendent une issue judiciaire, loin des colloques et des remises de thèses.

Dan Banze Lwaba

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