RDC | Entre soupçons de « deal » migratoire et répression, le parti Envol sous haute tension

Le ton monte entre le pouvoir et l’opposition. Ce lundi 27 avril 2026, une action de sensibilisation du parti Envol a viré à l’affrontement sécuritaire à Kintambo. Alors que la formation de Delly Sesanga dénonce des actes de torture et la détention « au secret » de ses cadres, l’affaire cristallise une polémique nationale sur un supposé accord migratoire entre Kinshasa et Washington.

L’avenue Mondjiba a pris, ce lundi, des allures de champ de bataille politique. Sous le slogan « Kinshasa eza fulu te ! » (Le Congo n’est pas une poubelle), les militants d’Envol entendaient protester contre l’accueil présumé de migrants refoulés des États-Unis et de ressortissants afghans. Une mobilisation violemment étouffée par la Garde Républicaine (GR), selon les responsables du parti, entraînant l’interpellation de Me Nicolas Lenga et Merdi Mazengo.

Des allégations de traitements dégradants
Lors d’un point de presse tenu dans la foulée, la porte-parole d’Envol, Dena Joydelyne, a dressé un réquisitoire sévère contre les méthodes de l’unité d’élite de l’armée.

« Ils ont été dénudés, violemment frappés, puis conduits vers une destination inconnue », a-t-elle fustigé, situant leur lieu de détention au camp Tshatshi.

Parallèlement, sur l’axe Funa, des heurts auraient opposé des militants aux « Forces du progrès », une structure informelle souvent associée à la mouvance présidentielle, accentuant le sentiment d’un rétrécissement de l’espace civique.

Vérification : L’accord migratoire USA-RDC, réalité ou fantasme ?
Au cœur de cette colère se trouve un « accord migratoire opaque ». Fidèle à notre charte de lutte contre la mésinformation, Sasa studio a confronté ces affirmations aux sources officielles :

* Le constat : À ce jour, aucun traité bilatéral officiel n’a été publié au Journal Officiel de la RDC ni notifié par le Département d’État américain concernant un transfert massif de réfugiés afghans vers Kinshasa.
* Le précédent : En 2021, des discussions préliminaires avaient eu lieu sous l’administration Biden pour l’accueil temporaire de civils afghans (SIV), mais le projet n’avait jamais abouti à une mise en œuvre pérenne.
* Analyse : En l’absence de démenti formel ou de clarification transparente du gouvernement congolais, l’opposition s’empare d’une zone d’ombre informationnelle. Si l’existence d’un « accord secret » n’est pas prouvée, le silence radio des autorités alimente la spéculation, transformant une rumeur en levier de mobilisation politique.

L’exigence d’une enquête indépendante
Face à ce qu’il qualifie de « violation flagrante de la Constitution », le parti Envol a formulé trois exigences non négociables : la libération immédiate de ses cadres, la cessation des violences contre les civils et l’ouverture d’une enquête indépendante. Pour le Secrétaire général Rodrigue Ramazani, l’argument de la « raison d’État » ne saurait masquer une dérive autoritaire.

Willy Ulengu Samuanda

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