
Le Président Félix Tshisekedi a procédé, le 3 juin 2026, à une vaste restructuration des entreprises et établissements publics de la République démocratique du Congo.
À travers une série d’ordonnances présidentielles rendues publiques sur la RTNC, le chef de l’État a nommé de nouveaux dirigeants à la tête de plusieurs institutions stratégiques, avec pour objectif affiché de renforcer la gouvernance, améliorer les performances et soutenir les réformes économiques engagées dans le pays.
« La gouvernance publique demeure l’un des principaux leviers du développement économique », rappellent régulièrement les autorités congolaises.
C’est dans cette logique que s’inscrit cette nouvelle vague de nominations qui touche des organismes clés intervenant dans les domaines de la fiscalité, de l’entrepreneuriat, de l’identification de la population, des assurances, de la sous-traitance, du contrôle de qualité et de la gestion du fret.
Parmi les institutions concernées figurent notamment le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), l’Office Congolais de Contrôle (OCC), l’Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM), la Direction Générale des Impôts (DGI), l’Office National de l’Identification de la Population (ONIP), l’Agence Nationale du Médicament (ANAMED) ainsi que l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP).
Au sein du FOGEC, institution chargée de faciliter l’accès au financement des entrepreneurs congolais, Evariste Mukanya Katanga a été nommé président du conseil d’administration, tandis que Luto Nzolantima prend la direction générale.
« L’accès au financement des PME reste un enjeu majeur pour la diversification économique », soulignent régulièrement les experts du secteur.
L’Office Congolais de Contrôle, acteur central dans la certification de la qualité des produits et services, sera désormais dirigé par Patrice Nowa à la présidence du conseil d’administration, avec Pierre Osumba comme directeur général. Cette nomination intervient dans un contexte où les autorités souhaitent renforcer les mécanismes de contrôle des marchandises et améliorer le climat des affaires.
À la Direction Générale des Impôts, Barnabé Muakadi Mwamba conserve la direction générale, accompagné de Bobine Muderwa et Kabwa Kalumba Maurice aux postes de directeurs généraux adjoints.
« La mobilisation des recettes intérieures demeure l’un des piliers de la politique budgétaire du gouvernement », rappellent les responsables économiques.
Le secteur de l’identification nationale connaît également une nouvelle dynamique avec la nomination d’Aristide Bulakali à la présidence du conseil d’administration de l’ONIP et de Marcellin Basengezi Mukolo à la direction générale. Cette institution est au cœur du processus de modernisation administrative et de l’ambition de doter chaque citoyen congolais d’une identité officielle sécurisée.
L’entrepreneuriat et l’industrialisation au centre des priorités
Les ordonnances présidentielles accordent une place importante aux structures dédiées à l’entrepreneuriat et à l’industrialisation. L’Agence Nationale de Développement de l’Entrepreneuriat Congolais (ANADEC), l’Agence pour la Promotion des Classes Moyennes Congolaises (APROCM), l’Agence des Zones Économiques Spéciales (AZES) ainsi que la Direction Générale des Corridors de Développement Industriel (DGCDI) ont toutes vu leurs organes dirigeants renouvelés.
« La création d’une classe moyenne forte passe par le soutien aux entrepreneurs nationaux », est un principe régulièrement défendu par les autorités congolaises depuis plusieurs années.
Ces nominations devraient ainsi contribuer à l’accélération des projets destinés à stimuler la production locale, la transformation industrielle et la création d’emplois.
Dans le secteur minier, le Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN) change également de direction. Cette structure est appelée à jouer un rôle important dans la gestion durable des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles du pays.
Les informations relatives à ces nominations ont été officiellement rendues publiques à travers les ordonnances présidentielles lues sur les antennes de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC), média public habilité à diffuser les actes officiels de la Présidence de la République.
À ce stade, aucune source officielle n’a remis en cause l’authenticité de ces ordonnances. Les noms des nouveaux mandataires ont également été relayés par plusieurs médias congolais dans des contenus concordants. Les informations peuvent donc être considérées comme avérées, sous réserve de la publication intégrale des textes au Journal officiel pour les formalités administratives habituelles.
Une nouvelle étape dans la réforme des entreprises publiques
Cette restructuration s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis plusieurs années pour améliorer la gestion des entreprises publiques. Sous la présidence de Félix Tshisekedi, plusieurs vagues de nominations et de restructurations ont déjà été opérées dans les secteurs des finances, des transports, de l’énergie, des mines et des services publics.
Les autorités justifient régulièrement ces changements par la nécessité d’améliorer la rentabilité des établissements publics, de renforcer la transparence dans leur gestion et de répondre aux exigences de modernisation de l’administration congolaise.
« Les résultats des réformes se mesurent moins aux nominations qu’à leur impact concret sur les services rendus aux citoyens », rappellent toutefois plusieurs observateurs de la gouvernance publique.
Perspectives : le défi des résultats
Au-delà des nominations, le véritable défi résidera dans la capacité des nouvelles équipes à produire des résultats mesurables. Les attentes sont particulièrement fortes dans des secteurs sensibles tels que la mobilisation des recettes fiscales, l’identification de la population, le financement des PME, la régulation de la sous-traitance et la promotion de l’investissement.
Les précédentes restructurations avaient déjà affiché des ambitions similaires, notamment en matière de modernisation de l’administration et d’amélioration du climat des affaires. Les prochains mois permettront d’évaluer si cette nouvelle génération de dirigeants publics parvient à transformer ces objectifs en réalisations concrètes.
Pour le gouvernement congolais, l’enjeu est désormais clair : faire des entreprises publiques non plus de simples structures administratives, mais de véritables instruments de développement économique au service de la croissance, de l’emploi et de la transformation structurelle de l’économie nationale.
Willy Ulengu Samuanda