RDC | La forêt ne sera plus une rente, mais un moteur de croissance

Le gouvernement congolais a finalisé le draft de sa Politique Forestière Nationale (PFN) 2025-2035. Ce document stratégique marque une rupture historique : la fin de l’extraction brute au profit d’une économie verte, souveraine et transformatrice.

Longtemps cantonnée à un rôle de réservoir de matières premières, la forêt congolaise change de statut. Avec la nouvelle PFN 2025-2035, Kinshasa veut transformer son titre de « pays solution » en dividendes concrets pour ses citoyens. Ce plan décennal ne se contente plus de gérer des arbres ; il ambitionne de structurer une véritable industrie.

L’impératif de la transformation locale

Le constat du Code forestier de 2002 était sans appel : une contribution au PIB trop faible et une fuite des richesses via l’exportation de grumes. La nouvelle stratégie impose désormais la transformation du bois sur le sol national. L’objectif est double : créer des milliers d’emplois locaux et capter la valeur ajoutée qui échappait jusqu’ici au pays.

La finance carbone : Le nouveau gisement

La RDC entend désormais facturer son souffle au reste du monde. En intégrant les crédits carbone et les Paiements pour Services Environnementaux (PSE), le pays monétise la conservation. Ce n’est plus seulement l’abattage qui rapporte, mais la capacité de séquestration de carbone des tourbières et des massifs forestiers, soutenue par des partenaires comme le Fonds Vert pour le Climat (GCF) et CAFI.

Les trois piliers du renouveau forestier :

* Industrialisation : Fin de l’exportation massive de bois brut et structuration des produits non ligneux.

* Inclusion sociale : Renforcement de la foresterie communautaire pour faire des populations locales les premiers gardiens des ressources.

* Arbitrage foncier : Harmonisation des zones entre mines, agriculture et forêts pour stopper la compétition destructrice.

Le défi de la mise en œuvre

Le succès de cette vision repose sur une sécurité juridique renforcée. Sans une réforme profonde du Code forestier et une coordination intersectorielle stricte, l’ambition pourrait se heurter à la réalité du terrain. La PFN 2025-2035 est une boussole ; il reste maintenant à l’administration forestière de tenir le cap pour que la forêt profite enfin, prioritairement, aux Congolais.

 

Willy Ulengu Samuanda

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