RDC | La rentrée scolaire 2026-2027 fixée au 1er septembre, le gouvernement appelé à préserver la gratuité et le dialogue avec les enseignants

En République démocratique du Congo, les élèves sont attendus dans les salles de classe à partir du mardi 1er septembre 2026, conformément au calendrier officiel de l’année scolaire 2026-2027 publié par le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté. À l’approche de cette échéance, l’enjeu dépasse la simple reprise des cours : il s’agit de garantir une rentrée effective, apaisée et accessible aux enfants, tout en consolidant les acquis de la gratuité de l’enseignement primaire.

Le calendrier prévoit également la reprise de service du personnel enseignant avant l’arrivée des élèves, ainsi que plusieurs activités préparatoires destinées à permettre aux établissements de mieux organiser la rentrée.

« La rentrée ne se résume pas à ouvrir les portes des écoles : elle doit permettre aux enfants de retrouver réellement leurs enseignants et leurs classes », résume l’esprit des dispositions prévues par le ministère.

Sur le fond, la gratuité de l’enseignement primaire public reste l’un des principaux acquis de la politique éducative portée depuis 2019 par le président Félix Tshisekedi. Le ministère rappelle qu’aucun frais scolaire ne doit être exigé aux parents dans le primaire public et que l’État prend en charge les dépenses liées au fonctionnement des établissements et à la rémunération des enseignants concernés.

Cette réforme a profondément élargi l’accès à l’école. Selon les données communiquées par la Primature en avril 2026, plus de 20 millions d’enfants sont désormais inscrits dans l’enseignement primaire, contre environ 12 millions avant la mise en œuvre de la gratuité.

« Le défi n’est donc plus seulement d’envoyer davantage d’enfants à l’école, mais de garantir la pérennité et la qualité de cette politique », souligne le gouvernement.

La question du financement demeure toutefois centrale. En avril 2026, la Première ministre Judith Suminwa a lancé une réflexion nationale consacrée au financement durable de la gratuité de l’enseignement. Le gouvernement cherche notamment à assurer la continuité de cette réforme et à préparer son extension progressive au secondaire.

Le dialogue avec les enseignants reste, lui aussi, déterminant. Les précédentes rentrées scolaires ont montré que les revendications salariales et les conditions de travail peuvent rapidement perturber la reprise des cours. Le gouvernement et les représentants syndicaux ont déjà été amenés à négocier sur la rémunération, la mécanisation et les conditions socioprofessionnelles des enseignants.

« Une rentrée réussie suppose aussi que ceux qui enseignent puissent exercer leur métier dans des conditions acceptables », rappelle l’expérience des années précédentes.

La vigilance est d’autant plus nécessaire que la rentrée scolaire 2025-2026 avait connu des situations contrastées selon les établissements. À Kinshasa, certains établissements avaient enregistré une reprise effective dès les premiers jours, tandis que d’autres avaient connu une mobilisation plus faible. Ces écarts montrent que le respect du calendrier national ne suffit pas à garantir, à lui seul, une rentrée pleinement effective.

Une précision s’impose néanmoins face aux publications qui circulent sur les réseaux sociaux. L’affirmation selon laquelle Félix Tshisekedi aurait, à l’occasion de la rentrée 2026-2027, officiellement formulé les trois instructions citées dans la publication consolider la gratuité, dialoguer constamment avec les enseignants et respecter les engagements pris établie par les sources officielles, Ces orientations sont cohérentes avec les politiques déjà annoncées par les autorités, mais leur attribution directe au Chef de l’État nécessite une source officielle précise.

Cette distinction est importante. En matière d’information publique, une orientation gouvernementale existante ne doit pas être transformée en déclaration présidentielle sans preuve. Le fact-checking impose ici de séparer ce qui est confirmé de ce qui est présenté comme tel sur les réseaux sociaux.

À deux semaines de la rentrée, les perspectives se concentrent désormais sur l’effectivité du calendrier, la présence des enseignants, la préparation des établissements et la capacité de l’État à maintenir le financement de la gratuité. Le ministère de l’Éducation a d’ailleurs mis en ligne le calendrier officiel 2026-2027 et maintient le numéro 178 pour les dénonciations et informations liées au secteur.

Depuis 2019, la gratuité a permis à des millions d’enfants supplémentaires d’accéder à l’école. En 2026, le gouvernement travaille encore à rendre cette réforme financièrement durable. La prochaine rentrée sera donc un nouveau test : faire de l’accès à l’école un droit réellement effectif, tout en améliorant les conditions d’apprentissage et de travail. Pour les familles comme pour les enseignants, le rendez-vous du 1er septembre sera surtout jugé sur une chose : la capacité des autorités à faire fonctionner l’école au-delà des annonces.

 

Willy Ulengu Samuanda

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