
La créatrice de contenu congolaise Bénédicte Isangu, connue sur les réseaux sociaux sous le nom de « BENE », aurait été transférée à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, après son interpellation dans une affaire présentée comme liée à des accusations de diffamation, d’injures publiques et de propagation de faux bruits. Des publications diffusées sur les réseaux sociaux rapportent qu’elle aurait été placée sous mandat d’arrêt provisoire. À ce stade, ces éléments nécessitent toutefois une confirmation auprès d’une source judiciaire compétente.
Selon les informations qui circulent depuis le week-end, la jeune créatrice de contenu aurait été interpellée au cours de la semaine précédente avant d’être présentée à la justice. Son transfert à Makala marquerait ainsi une nouvelle étape de la procédure.
« Une détention provisoire ne constitue pas une condamnation », rappelle le principe de la présomption d’innocence.
L’affaire intervient dans un contexte où les contenus publiés sur les réseaux sociaux prennent une place croissante dans les débats publics en RDC. TikTok, Facebook et d’autres plateformes sont devenus des espaces d’expression très suivis, mais également des lieux où les propos peuvent rapidement prendre une dimension judiciaire.
« La liberté d’expression ne dispense pas du respect des droits d’autrui », rappelle le droit congolais.
Les infractions évoquées dans cette affaire ne doivent toutefois pas être confondues. La diffamation concerne notamment l’imputation d’un fait susceptible de porter atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne, tandis que l’injure relève d’une autre qualification. La propagation de faux bruits répond également à des conditions juridiques précises.
Il convient donc de laisser l’enquête et la justice déterminer les faits reprochés à Bénédicte Isangu, leur qualification exacte et les éléments retenus contre elle. À ce stade, aucune condamnation ne peut être déduite de son éventuel placement en détention provisoire.
« Être poursuivi n’équivaut pas à être reconnu coupable », impose la prudence journalistique.
La procédure rappelle aussi d’autres affaires ayant opposé des personnalités publiques ou des acteurs des médias à la justice congolaise pour des faits liés à des propos ou à la diffusion d’informations. Le cas du journaliste Stanis Bujakera, arrêté en 2023 puis transféré à Makala dans une affaire de propagation de faux bruits et de diffusion de fausses informations, avait notamment suscité un important débat sur la liberté d’expression et la responsabilité dans la publication des informations.
Cette nouvelle affaire sera donc suivie avec attention, notamment par les acteurs de la société civile et de la défense des droits numériques. L’enjeu ne sera pas seulement de déterminer la responsabilité éventuelle de la créatrice de contenu, mais aussi de vérifier que la procédure respecte ses droits et les garanties prévues par la loi.
« La justice doit établir les faits, mais elle doit aussi garantir les droits de la personne poursuivie. »
Pour l’heure, le point essentiel reste la confirmation officielle du transfert et du statut judiciaire de Bénédicte Isangu. Les publications actuellement accessibles en ligne ne suffisent pas, à elles seules, à établir définitivement ces éléments. Notre rédaction recommande donc de traiter l’information avec la formule « aurait été transférée » jusqu’à l’obtention d’une confirmation du parquet, de ses avocats ou de l’administration pénitentiaire. Cette précaution est d’autant plus importante que l’affaire touche à la réputation d’une personne qui n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune condamnation publiquement établie.
Willy Ulengu Samuanda