RDC | Le gouvernement congolais appelle à « dépersonnaliser » le débat sur la Constitution après l’offre de dialogue de l’ECC

 

Le débat sur l’avenir de la loi fondamentale en République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape symbolique. Ce mardi 13 juin 2026, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a réagi officiellement aux recommandations de l’Église du Christ au Congo (ECC), plaidant pour une approche qui place l’efficacité de l’État au-dessus des querelles d’individus.

« Il faut que ceux qui doivent participer comprennent quels sont les impératifs de la patrie », a martelé le ministre, marquant ainsi la volonté de l’exécutif de reprendre la main sur un récit national de plus en plus polarisé entre partisans du changement et gardiens du statu quo.

Cette sortie médiatique intervient alors que l’ECC, à l’issue de son Comité exécutif national, a conditionné toute réforme constitutionnelle à un cadre « national, inclusif et apaisé », s’appuyant sur les verrous des articles 218 à 220. Patrick Muyaya, tout en saluant la « contribution prophétique » de l’institution religieuse, a tenu à préciser que le gouvernement n’a pas encore formellement statué sur la question en Conseil des ministres.

« C’est un débat qui se poursuit dans l’espace public », a-t-il tempéré, tout en soulignant que « les Congolais ont le droit de débattre de leur avenir » sans être freinés par des postures politiciennes.

Au-delà de la sémantique, le gouvernement lie désormais la nécessité d’une révision à des contraintes techniques et opérationnelles, citant notamment des obstacles dans les secteurs des infrastructures. Pour le porte-parole, l’enjeu fondamental reste la solidité des institutions : « Le véritable sujet est de savoir comment rendre l’État plus fort », a-t-il insisté, fustigeant au passage ceux qui, autrefois favorables à la révision, s’y opposent aujourd’hui par simple calcul politique. Cette stratégie de communication vise à transformer une question perçue comme un maintien au pouvoir en une nécessité de modernisation administrative.

Ce bras de fer intellectuel rappelle les tensions de 2015 autour de la modification de la loi électorale, où la rue et les églises avaient fait reculer le pouvoir de l’époque. Aujourd’hui, avec la naissance de blocs opposés comme la « Coalition Article 64 » et la « Coalition C4 », la RDC s’apprête à vivre une séquence politique décisive. À l’avenir, la capacité du président Félix Tshisekedi à transformer cette « disponibilité au dialogue » en une table ronde inclusive déterminera si la réforme constitutionnelle sera un moteur de stabilité ou un nouveau déclencheur de crise sociale.

 

Willy Ulengu Samuanda

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