RDC | L’épidémie d’Ebola gagne du terrain dans l’Est, le variant Bundibugyo identifié, avec 131 décès recensés pour 513 cas suspects

Le ministère de la Santé a dressé, le 18 mai, un bilan de 131 décès sur 513 cas suspects dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Si la souche identifiée est jugée moins virulente que celle de « Zaïre », la méfiance des populations entra e la riposte sanitaire.

La menace sanitaire se précise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’une intervention sur la télévision nationale (RTNC) ce lundi soir, le ministre de la Santé a dévoilé les derniers chiffres de l’épidémie de virus Ebola qui frappe actuellement plusieurs zones de santé. Avec 131 décès recensés pour 513 cas suspects, le taux de létalité provisoire s’établit à environ 25 %, un chiffre qui, bien qu’alarmant, reste inférieur aux précédentes flambées épidémiques.

Le foyer épidémique s’étend sur deux provinces stratégiques. En Ituri, les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara, Bunia et Nyankunde sont en état d’alerte. Au Nord-Kivu, le virus a été localisé à Butembo et Katwa, ainsi qu’à Goma, carrefour commercial majeur de la région. Cette dispersion géographique inquiète les autorités sanitaires qui craignent une propagation transfrontalière, compte tenu de la porosité des frontières et de l’intense activité migratoire dans cette partie du pays.

La souche Bundibugyo : le une virulence moindre ?

Sur le plan scientifique, les analyses de laboratoire ont confirmé la présence du variant Bundibugyo. Selon les autorités sanitaires, cette souche est historiquement caractérisée par un taux de mortalité moins élevé que la souche Zaïre, responsable des crises les plus dévastatrices de la dernière décennie. Toutefois, les experts appellent à la prudence : la dangerosité d’une épidémie ne dépend pas uniquement de la souche virale, mais aussi de la rapidité de la prise en charge médicale et de l’isolement des cas.

Le principal obstacle à la riposte demeure socioculturel. Le ministre a reconnu un retard dans le déclenchement de l’alerte, imputable à une perception erronée de la maladie au sein de certaines communautés. L’assimilation des symptômes à des « phénomènes mystiques » a retardé les consultations cliniques, favorisant ainsi des chaînes de contamination communautaires. Le renforcement de la communication de proximité et la lutte contre la désinformation s’imposent désormais comme les piliers urgents de la stratégie gouvernementale.

Willy Ulengu Samuanda

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