RDC | Vers un durcissement des conditions d’octroi des passeports diplomatiques et de service garantie

La Ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner a obtenu, le 15 mai dernier, le feu vert du Conseil des ministres pour engager une réforme profonde du régime des passeports spéciaux. Entre audit national et révision du cadre juridique, Kinshasa entend restaurer la crédibilité de ses documents officiels face à une inflation jugée préoccupante.

La fin de la « récréation » semble sonner pour les détenteurs indus de passeports diplomatiques et de service en République démocratique du Congo. Lors de la 89e réunion du Conseil des ministres, Thérèse Kayikwamba Wagner, cheffe de la diplomatie congolaise, a tiré la sonnette d’alarme sur la prolifération de ces documents. Une dérive qui, selon elle, menace directement la valeur et le prestige de la signature de l’État congolais à l’international.

Pour pallier les carences institutionnelles, le gouvernement a validé une feuille de route rigoureuse. Celle-ci prévoit, en premier lieu, un audit complet des passeports spéciaux actuellement en circulation. Cette mesure sera couplée à une révision du cadre juridique afin d’instaurer un régime d’octroi plus restrictif. L’objectif est clair : passer d’une gestion parfois discrétionnaire à un dispositif de contrôle permanent, coordonné par le Ministère des Affaires étrangères.

Cette réforme s’inscrit dans le sillage du basculement technologique opéré le 5 juin 2025. Après la clôture du chapitre Semlex, la firme allemande Dermalog assure désormais la production des passeports biométriques congolais. Si le passage au polycarbonate et l’intégration de micropuces RFID répondent aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), la technologie seule ne suffit plus. Le gouvernement estime que l’intégrité du système repose désormais sur la qualité des bénéficiaires autant que sur la sécurité du support.

Le diagnostic posé par les autorités est sans appel : l’ancien système souffrait d’une vulnérabilité accrue à la fraude et d’une opacité financière liée à l’externalisation. En augmentant le nombre de pages (de 32 à 38) et en renforçant les dispositifs anti-contrefaçon, la RDC cherche à rassurer ses partenaires internationaux. Toutefois, le succès de cette mutation dépendra de la capacité de la commission interinstitutionnelle à résister aux pressions politiques pour maintenir l’exclusivité des passeports spéciaux.

Willy Ulengu Samuanda

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