
La montée des tensions sociales face à une insécurité chronique dans le Nord-Kivu, illustrée par une manifestation pacifique qui a dégénéré, causant des pertes humaines, interpelle sur la gestion des conflits et la responsabilité des forces de l’ordre.
À Bapere, dans le territoire de Lubero, une manifestation contre l’insécurité a tourné au drame ce mardi 27 janvier, avec deux morts à déplorer. Ce rassemblement, initialement pacifique, visait à exprimer le ras-le-bol croissant des populations face aux attaques répétées des groupes armés, notamment les redoutés ADF.
Selon Samuel Kageni, président de la société civile locale, l’intervention des forces de l’ordre a été marquée par un usage disproportionné de la force, faisant deux victimes et plusieurs blessés. Ces événements soulignent une fois de plus la fragilité du climat sécuritaire dans cette région où la peur s’est installée durablement.
Les autorités provinciales ont condamné ces pertes et annoncé l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. Parallèlement, les habitants appellent à des mesures concrètes pour renforcer la sécurité et permettre un retour à la sérénité.
Ce nouvel épisode tragique soulève la question de la gestion des manifestations et de la responsabilité des forces de sécurité dans un contexte où la population souffre déjà des violences armées. Il met aussi en exergue l’urgence d’une stratégie globale de pacification et de dialogue inclusif pour restaurer la confiance entre les autorités et les citoyens.
Willy Ulengu Samuanda