
Réunis à Kinshasa, plusieurs responsables politiques ont plaidé pour une approche globale et un consensus national autour des enjeux de paix en République démocratique du Congo.
Lors d’une conférence-débat organisée jeudi 24 juillet par l’organisation « Po na Congo », autour du thème « Différents processus de paix : et le peuple dans tout ça ? », le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a mis l’accent sur la nécessité d’un engagement collectif pour mettre fin aux cycles de violence dans l’Est du pays.
« Nous avons compris la nature du conflit, nous avons un adversaire extérieur. Réglons cette question, posons les bases pour qu’il ne récidive plus, mais surtout, regardons-nous en face : que faisons-nous pour notre pays ? », a-t-il interrogé devant un public composé d’intellectuels, de membres de la société civile et d’universitaires.
Celui qui est aussi ministre de la Communication a souligné l’importance d’une lecture lucide du contexte sécuritaire, estimant que la paix durable passait par une « compréhension globale du conflit » et par une posture de responsabilité collective.

S’agissant du rôle du Rwanda, Muyaya a été cash :
« Le Rwanda est un pays qui s’est construit en exportant la corruption, le pillage et la contrebande à partir de notre territoire. Leur modèle économique repose en partie sur ce pillage. Pour eux, cette guerre est une guerre de survie. »
Ce point de vue a été partagé par d’autres intervenants, dont le député Jacques Ndjoli, rapporteur de l’Assemblée nationale, qui a appelé les élites congolaises à rompre avec les logiques de prise d’armes à des fins politiques.
« Les guerres dans l’Est visent la fragmentation du pays. Le Congo a besoin d’un consensus stratégique. On ne peut pas devenir chef rebelle simplement parce qu’on a perdu un poste ou un intérêt économique », a martelé ce professeur de droit.

Et d’ajouter :
« Ce consensus stratégique est qu’au-delà de nos ambitions, si vous avez été Président hier et vous ne l’êtes plus parce que la Constitution vous l’interdit, restez dans cette posture, ne devenez pas chef rebelle ».
La conférence, qui s’est tenue au Centre culturel Boboto dans la commune de la Gombe, a également mis en lumière l’urgence d’une participation citoyenne accrue dans les processus de paix, longtemps cantonnés aux négociations politiques.
LUKEKA KALUME