Démission de Justin Trudeau | Raisons du départ et implications pour la RDC

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a annoncé sa démission ce lundi. Son ère de près de dix ans durant laquelle il était à la tête du gouvernement prend désormais fin.

Visiblement ému, il a déclaré à Ottawa :

« J’ai l’intention de démissionner de mon poste de chef du parti et de Premier ministre une fois que le parti aura choisi son prochain chef ».

Cette annonce intervient dans un contexte de crise politique et économique au Canada, exacerbée par les menaces de droits de douane de 25 % brandies par Donald Trump, Président élu des États-Unis.

Malgré des débuts marqués par une « Trudeaumania » et des réformes progressistes comme la légalisation du cannabis ou l’instauration d’une taxe carbone, Justin Trudeau quitte ses fonctions avec une popularité en berne. Inflation galopante, crise du logement et des services publics, scandales politiques… autant de facteurs qui ont miné sa crédibilité auprès de nombreux Canadiens.

Annette Sousa, une habitante d’Ottawa, confie :

« J’ai l’impression que c’est un peu un soulagement pour lui parce qu’il avait beaucoup de pression sur les épaules ».

À Toronto, Rob Gwett estime pour sa part que Trudeau aurait dû partir depuis longtemps.

Le contexte international n’a rien arrangé. La menace de sanctions économiques américaines a provoqué des tensions au sein du gouvernement, aboutissant à la démission de la vice-Première ministre Chrystia Freeland en décembre.

Cette démission survient quelques mois après une rencontre stratégique entre Justin Trudeau et la Première Ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka, à Ottawa. Ce face-à-face avait permis de consolider les relations entre les deux pays.

Les discussions avaient porté sur des sujets importants tels que la diversification économique, la transition écologique et la paix dans l’Est de la RDC. Trudeau avait alors affirmé :

« Le Canada est là pour accompagner la RDC dans ses ambitions de développement. »

Il avait notamment souligné l’intérêt du Canada pour investir dans des secteurs clés comme les mines, l’économie verte et la formation professionnelle, en s’appuyant sur la diaspora congolaise bien implantée au Canada. Sur le plan sécuritaire, Trudeau avait également réitéré l’engagement du Canada à soutenir les efforts pour ramener la paix dans l’Est de la RDC.

Avec le Parlement suspendu jusqu’au 24 mars, le processus de sélection du nouveau chef du Parti libéral sera déterminant. Le successeur de Justin Trudeau héritera d’un parti affaibli, devancé de plus de 20 points dans les sondages par les conservateurs.

Pour André Lamoureux, politologue à l’UQAM :

« Personne n’est en position aujourd’hui au Parti libéral de recréer un engouement, un mouvement d’adhésion ».

 

LUKEKA KALUME

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