
Ils devaient fluidifier Kinshasa. Ils regardent Kinshasa s’enfoncer.
Annoncée avec tambours et trompettes, la nouvelle politique anti-embouteillages du Gouvernement Bumba est déjà à terre.
Le Ministre provincial des Transports, Jésus Noël Sheke, avait promis la fin du calvaire kinois. Résultat : le calvaire continue, pire qu’avant.
Pourtant, les moyens ont été mis. 280 brigadiers mobilisés, payés par le Trésor public, déployés aux grands carrefours de la capitale. Sur le papier, l’armada parfaite.
Sur le terrain, c’est le fiasco.
Dans les carrefours de la Gombe, de Limete, de Victoire ou de l’UPN, les bouchons sont toujours monstres.
Les Kinois passent toujours 3 à 4 heures dans le trafic. Et le pire : les policiers de circulation routière (PCR), censés les appuyer, ont carrément lâché. Ils ont laissé tout le boulot aux nouveaux brigadiers, débordés et sans autorité.

À quoi servent alors 280 agents qui n’ont pas résolu un seul embouteillage ?
Gérer Kinshasa ne s’improvise pas. Ça demande des études préalables, de la planification, des feux intelligents, des routes secondaires, pas du tâtonnement.
Aujourd’hui, le constat est amer : entre la volonté affichée de résoudre le problème et les méthodes utilisées, il y a un gouffre.
Il est urgent d’évaluer cette politique publique. Ne pas le faire, c’est continuer à payer des agents qui regardent les embouteillages au lieu de les résoudre.
Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Monsieur le Ministre Sheke, rectifiez le tir.
Albert TSHIABA