Inongo | La connexion internet, un parcours du combattant pour les étudiants et les habitants

Inongo, chef-lieu de la province de Maï-Ndombe, est plongé dans une véritable pénurie numérique. La connexion à internet y est un exercice ardu, tant en centre-ville que sous les antennes des sociétés de télécommunication.

En journée, les habitants peinent à communiquer via les réseaux sociaux en raison de l’utilisation persistante de la technologie 3G, inadéquate pour répondre aux besoins croissants de la population.

Pour beaucoup, se connecter signifie se lever à des heures improbables.

« Pour se connecter, mener des recherches, c’est très difficile. Si j’ai un travail pratique, je suis obligé de programmer l’alarme à 3h pour me réveiller et me connecter. Toute la journée, on n’est pas connecté », témoigne à Actualite.cd, Bernard Bernardin Bonkumu, étudiant à l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) d’Inongo.

En centre-ville, un distributeur privé tente de pallier cette difficulté en offrant une connexion Wi-Fi payante.

« Si vous ne voulez pas vous réveiller la nuit, il faut parcourir un kilomètre pour se connecter là où il y a le Wi-Fi. La connexion n’est pas bonne pour tous les réseaux », déplore Gertrude Mimiongo, également étudiante à l’ISP.

Ce distributeur, encore sans nom, propose ses services à des tarifs élevés : 50 Mo pour 1 000 FC, 100 Mo pour 1 500 FC, 1 Go pour 24 heures à 3 500 FC, et jusqu’à 3 Go pour une semaine à 125 000 FC. Il enregistre jusqu’à 50 utilisateurs par jour, installant des chaises sous les arbres pour accueillir les clients.

« Dès qu’un client arrive, on l’enregistre. On va lui envoyer le data selon nos prix de vente », explique C’est la vie Limbayamandenga, responsable de ce service.

D’autres initiatives locales existent, notamment à la cure de l’église catholique et aux installations de la Caritas Inongo, où une connexion internet est également disponible. Cependant, ces solutions demeurent insuffisantes face à la demande croissante des habitants.

La localité d’Inongo, située sur la rive orientale du Lac Mai-Ndombe, à 848 km au Nord-est de Kinshasa, continue de lutter pour un accès stable et abordable à internet. En attendant des améliorations technologiques, les habitants et les étudiants restent confrontés à des défis quotidiens pour accéder à ce qui est devenu un outil essentiel dans le monde moderne.

 

Placide LUKEKA

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